DEPUIS LA GUERRE
les années qui ont suivi, son influence s’est traduite par une inquiétude rappelant celle qui, à diverses époques, s’est manifestée dans la littérature à la suite de grands bouleversements politiques ou sociaux.
Ensuite aux jeunes écrivains aussi bien qu’à leurs lecteurs, la guerre a donné le goût d’une littérature qui ferait plus de part à l’action, qui sacrifierait moins aux recherches de l’art ou aux subtilités de la pensée, qui traduirait avec intensité, presque avec brutalité, les différents aspects d’une vie sociale où se compliquent les Besoins, mais où les passions se simplifient,
Cette influence s'accorde avec celle de la science. Dès le début du siècle, celle-ci, en pénétrant tous les esprits et ceux même des moins savants, a créé en eux des exigences de précision et de netteté ; les écrivains d'imagination eux-mêmes sont amenés à emprunter quelque chose à la discipline rigoureuse et aux méthodes des sciences.
Nous nous bornerons à signaler quelques noms parmi ceux qui, depuis la guerre, ont émergé : Pierre Benoit, Kæœnigsmark, l’Atlantide. François Mauriac, Le baiser au Lépreux, Genitrix, Le nœud de vipères. Jacques de Lacretelle, Silbermann, Les Hauts Ponts. André Demaison, Les bêtes qu'on appelle sauvages. Georges Duhamel dans les Scènes de la vie future a pris résolument parti contre la « civilisation mécanique ».
La guerre, enfin, a servi à mettre dans une lumière éclatante la nécessité de conserver à l’esprit français la formation traditionnelle qui lui a valu un prestige incontesté. Moins pénétrés de culture gréco-latine et de tradition classique française, nous deviendrions trop aisément accessibles à l'influence des littératures étrangères. Nous risquerions de laisser s’altérer l'originalité du génie français, tel qu'il s’est définitivement épanoui, depuis le mouvement de la Renaissance, dans une série de chefs-d’œuvre qui s'étend sur quatre siècles. La guerre a fait de nouveau comprendre le rôle que doivent jouer les humanités classiques dans notre enseignement. Aussi peul-on espérer que, confiante dans ses destinées
nirs HéroqueEe de ‘que guerre, nie littér du xx siècle, renouvelée et rajeunie se dE encore pour de belles floraisons.