DÉVELOPPEMENT DE LA LITTÉRATURE AU MOYEN AGE
La langue romane est constituée dès le IX£ siècle, mais les œuvres littéraires n’apparaîtront qu'au XIe siècle. De cette époque date la Chanson de Roland, préparée par le grand travail épique qui s'était fait dans les imaginations à la suite du règne de Charlemagne.
Le XIIe siècle est le grand siècle liltéraire du moyen âge. C’est le siècle de la poésie épique. Il traduit dans les chansons de geste l'idéal guerrier et féodal, dans les romans bretons l'idéal chevaleresque ; dans les poèmes du cycle antique, il évoque en les travestissant les souvenirs de l’antiquité. En même temps la poésie lyrique se constitue. Le drame sort de l’Église. La prose, longtemps arrêtée dans son développement par l’emploi du latin littéraire, fait dans des sermons et des traductions sa première apparition.
Au XIIIe sièele l’activité littéraire est encore très
ande, mais les tendances sont déjà profondément changées. La veine épique est tarie ; les chansons de geste sont en pleine décadence. La poésie Ilÿrique se soutient parce que ses pièces courtes n’ont pas besoin de beaucoup de souffle. Le siècle, plus raisonneur que poète, plus ami de la raillerie que facilé à l’enthousiasme, se porte de préférence vers les œuvres satiriques : les fabliaux, le Roman de Renart, où didactiques : le Roman de la Rose. Le goût dominänt est pour l’allé- gorie morale.
Le théâtre qui cherche sa voie donne des œuvres d'un genre mal défini : le Jeu de Saint Nicolas, et le Miracle de Théophile pour le drame, les pièces d'Adam de la Halle pour la comédie.
Enfin la prose se constitue avec deux historiens dont l’un, Villehardouin, est surtout un narrateur, et l’autre, Joinville, surtout un moraliste.
Le XIVe siècle est un âge de transition : époque troublée, malheureuse au point de vue politique, elle tient peu de place dans le développement littéraire. La langue s’altère, les genres s’appauvrissent, les écrivains répètent ceux qui es ont précédés. Les poètes féconds el médiocres ne parviennent à nous toucher que lorsqu'ils s’inspirent des misères du temps. Le théâtre n'arrive pas encore à trouver la forme sous laquelle il atteindra à son plein développement. Cette époque n’a fourni qu'un grand écrivain : l'historien Froissart.
Au XVe siècle la littérature fait un vigoureux effort. Elle donne au théâtre l’abondant répertoire des mystères, des farces, des moralités, des soties, et s’honore de deux grands écrivains, l’historien Commynes, le poète Villon.
Mais la société s’est renouvelée : on dédaigne et on
rejette tout ce que le moyen Âge avait respecté, des influences étrangères commencent à se faire sentir. Il faut aux temps nouveaux une littérature nouvelie.
Telle qu'elle est, la littérature du moyen âge forme un admirable ensemble, et ne mérite pas les dédains que
lui ont prodigués les siècles classiques. Entièrement ori-
ginale, ne devant rien aux influences étrangères, elle a rayonné sur toute l’Europe. Abondante et variée, reflétant exactement l'idéal religieux, moral et social du temps et ses transformations, elle est le plus riche document sur l’âme et la vie françaises. Si, parmi les œuvres qu’elle nous a laissées, il s’en trouve de belles, de curieuses et de charmantes, ce qui, d’une façon générale, lui a manqué c’est, — dans un temps où, par un sin-