LES ROMANS
SOMMAIRE
1° Les Lettres ne sont pas à proprement parler des ouvrages littéraires. Elles ont d'autant plus de prix qu'elles ont été écrites sans prétention; pour mériter d'être conservées, il faut qu'elles offrent un double intérêt historique et psychologique.
2" Au dix-septièuie siècle, des conditions favorables font éclore nombre de lettres spirituelles et profondes; — on s'est habitué dans les salons à l'analyse morale; le roman, le sermon, le théâtre sont psychologiques; la vie de cour séduit les provinciaux, qui veulent être informés des moindres détails, etc. Aussi a-t on des lettres intéressantes de tous les grands écrivains (Racine, Boileau, Bossuet, etc.) et d'écrivains secondaires (Saint-Évremond, Patru, Maucroix, etc.), surtout de femmes (M'"" de Sablé, M™*^ de la Fayette, etc.).
30 ]y[inc ^g sévigné (1626-1696), veuve de bonne heure, idolâtre sa lille, M"'^ de Grignan, avec laquelle elle entretient une correspondance suivie. Ces lettres sont précieuses pour l'histoire du temps, celle de la société, ïâme et les sentiments de M"" de Sévigné, la critique des auteurs de l'époque. Le style en est à la fois coquet et naturel. — Parmi les amis de M"" de Sévigné : Bussy-Rabutin, A/'"*' de lo. Fayette, les Coulanges, etc.
4« M'"" de Maintenon (1635-1719) fut d'abord M™" Scarron, puis gouvernante des enfanls de M™" de Montespan, enfin femme de Louis XIV. Sa grande occupation fut la fondation et l'administration de Saint-Cyr, couvent destiné aux jeunes lilles nobles et pauvres. On commence par y donner une éducation trop mondaine, qui amène une réforme. M'"° de Maintenon prodigue aux élèves et aux maîtresses les instructions et les leçons. On les a publiées sous le titre de Lettres et entretiens sur l'éducation. — La qualité dominante de M"" de Maintenon est la raison.
5° Les Mémoires. — Les plus célèbres sont ceux de M'"" de Motteville sur Anne d'Autriche, — du Cardinal de Retz sur la Fronde — et de Saint-Simon (1675-175.'») sur la lin du règne de Louis XIV ; Saint-Simon est un témoin passionné et partial, trop disposé à croire le mal; mais c'est un écrivain puissant et pittoresque.
Des Granges. — Liiicraturc. 1j
450 LlTTÉRATUlîE rit.VNr.AISE
6» Les Romans. — Honoré d'Urfk publie, de 1610 à 1627, ['Astréc, romau |tastoral, d'une psychologie radinée; L\ Calprenède donne des romans d'aventures {Cassandre, Cléopâtre); M"' de ScuDÉRY, des romans héroïques et précieux, dans lesquels elle peint, sous des noms antiques, la société conlcm|)()iaine {Cyrus, délie); — dans le genre réaliste, ScarROn écrit le lioman comique, et Fure- TiÈRE, le Roman bourgeois. — Enfin, en 1677, M"'* de la Fayette fait paraître,* sous le nom de Segrais, la Princesse de Clèves, chefd'ceuvrc de délicatesse uiorale et de style. — Cn. Perrault publie, en 1697, les Contes, puisés dans le Folklore, mais dont il a le bonheur de fixer la forme.