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LES CHANSONS DE GESTE

SOMMAIRE

Geste signifie exploit, et les Chansons de geste sont des épopées, tandis que le Cycle d'Arthur ne contient que des romans, et le Cycle antique, que des adaptations savantes.

1" Les origines. Deux théories : a) Chez les Germains, on chante des cantilènes guerrières ; sous les Mérovingiens, on en compose d'abord en latin, puis en roman, dès le neuvième siècle, sur Ciovis et sur Dagobert, et surtout sur Charlemagne. Ces cantilènes se développent, et forment dès la fin du xi« siècle, des épopées; — b) Les Chansons de geste naissent aux xi^ et xn* siècles sous la forme même où nous les possédons ; ce sont des œuvres littéraires, composées par des poètes français.

2" Développement et décadence. Les Chansons de geste sont d'abord colportées par des jongleurs de ville en ville et de château en château ; elles sont alors assonancées et non rimées ; au quinzième siècle, on les rime, car elles commencent à être lues; au quinzième siècle, on les met en prose, et elles se déforment de plus en plus jusqu'aux adaptations du dix-huitième siècle [Bibliothèque bleue). A partir de 1832, les érudits commencent à publier les textes authentiques.

3" On distingue trois cyclesou groupes d'épopées : Geste du Jioi, Geste de Guillaume d'Orange, Geste de Doon de Mayence, Dans la première, retenir surtout le Pèlerinage de Charlemagne et la Chanson de Roland ; — dans la seconde, Aliscans; — dans la troisième, Renaud de Montauban (les Quatre fils Aymon). — Parmi les chansons féodales non classées : Raoul de Cambrai.

4° La Chanson de Roland. L'histoire se transforme en légende ; — le sujet est agrandi par la qualité des héros et par celle de leurs adversaires, et reçoit un dénouement. Unité et simplicité du plan ; — variété des épisodes et des caractères ; — simplicité du merveilleux ; — style sévère et poétique.

5° Diffusion et influence des Chansons de geste, dans toute l'Eu- »ope, particulièrement en Italie, du treizième au seizième siècle.

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Définition. — Le mot latin gesla signifie actions (1). Tne geste est donc, au sens étymologique, un exploit célèbre; et Chanson de geste est l'équivalent de Chanson d'exploits. On a également employé le mot geste dans le sens de cycle, pour désigner l'ensemble des poèmes relatifs à un même héros : la Geste de Chnrlemagne, la Geste de Guillaume, etc.

11 faut réserver aux seules Chansons de geste le nom d'epopées.Le cycle de la Table ronde se compose de romans; et le cycle de l'antiquité, d'adaptations plus ou moins dénaturées des anciens poèmes grecs et latins, auxquels on mêla des éléments byzantins. Ces deux derniers cycles seront étudiés à part, dans les chapitres consacrés à la littérature courtoise et à la littérature savante.

ï. — Les origines.

Théorie des Cantilènes. — Jusqu'à ces dernières années, les historiens de la littérature française avaient adopté, en y apportant sur certains points des restrictions ou des modifications, une théorie qui remonte au début du dix-neuvième siècle, et dont les frères Grimm, en Allemagne, et Fauriel, en France, furent les promoteurs. Nous exposerons d'abord cette théorie, que Gaston Paris a fixée dans sa forme définitive.

V épopée est la forme poétique et merveilleuse que les peuples jeunes donnent instinctivement à l'histoire. Elle naît, aussitôt que la nation prend conscience d'elle-même. D'abord brève, et plus semblable à une chanson qu'à un poème, elle célèbre sur des rythmes encore lyriques les exploits d'un héros. Ces chansons sont d'abord répétées par les soldats ; puis, en temps de paix, colportées par les aèdes, les jongleurs, etc.. Alors l'élément narratif se développe, l'élément lyrique disparaît.

Ainsi, dit-on, naquirent jadis l'épopée grecque et, plus près de nous, l'épopée allemande. Ulliade, les Nibelungen^

(1) Plusieurs chroniques latines du moyen âge sont intitulées : Gcsla Francorum, Gesta regum Francorum, etc.. Ce pluriel neutre latin donna en français le féminin geste (Cf. folia, feuille).

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ont été précédés par une floraison de petits poèmes chantés qui tantôt se sont agglomérés, tantôt contenaient en germe une œuvre féconde. Le passage de la chanson ou de la cantilèneaii poème épique ne s'est pas opéré dans tous les pays: voyez les romances espagnols.

En France, les premières cantilènes du moyen âge sont d'origine germanique.

Rien, en effet, ne permet de croire que les Gallo-Romains aient consacré des poèmes ou des chansons à la gloire des héros. Peu belliqueux, depuis leur romanisation complète, plutôt railleurs qu'enthousiastes, plutôt beaux parleurs que passionnés pour l'action, c'est bien d'eux qu'on peut dire qu'ils n'avaient pas « la tête épique ». On sait au contraire, par des témoignages très authentiques, que les Germains avaient coutume de célébrer les exploits guerriers de leurs ancêtres et de leurs chefs (1). Et l'empereur Charlemagne aurait, dit-on, composé lui-même un recueil de ces vieilles cantilènes tudesques.

A quelle époque commença-ton à composer des cantilènes épiques en latin populaire? Probablement dès le baptême de Clovis (496). Cet événement, dit Gaston Paris, « suscita un immense enthousiasme, et se prêta d'autant plus à la poésie qu'il se rattachait à l'influence d'une femme, à un mariage dont les circonstances avaient été singulières, et à une de ces tragiques histoires de vengeances de famille si communes dans l'épopée germanique... Autour de Chlodovech, il se forma, et sans doute de très bonne heure, tout un cycle épique, dont on peut croire avec grande vraisemblance que plusieurs épisodes furent chantés en latin vulgaire (2) ».

Après Clovis, Dagobert excite l'imagination du peuple : sa victoire contre les Saxons '620) donna lieu, suivant le témoignage d'un historien ecclésiastique du huitième siècle, à un poème en langue romane (3).

(1) G. Paris, Littérature française au moyen âge, % \i.

(2) ID., ibid., '^ 15.

{5) On croit trouver aqssi des restée de ces courtes épopées mérovingiennes dans un poème dont nous possédons un remaniement du douzième siècle,mais que l'on fait remonter au dixième siècle, Floovant. Enfin, dans la Vie de saint Faron, écrite au neuvième siècle parHeigaire, évèque de Meaux, nous

Si Clovis, si Clotaire, si Dagobert avaient fait naître des cantilènes, à plus juste raison Charles Martel et Charlemagne. D'autant plus qu'à dat(;r des liuitième et neuvième siècles la nationalité franque, à peine formée, est mise en péril par un ennemi à la fois politique et religieux : le Sarrazin. L'union qui s'opère contre ce danger commun ; les craintes, les espérances, les triomphes, qui créent une seule âme, nationale et chrétienne, entre tous ces éléments ethniques encore mal soudés; le sentiment de la sécurité dans la force, qui suit la retraite définitive des envahisseurs : voilà d'excellentes conditions pour le développement d'une poésie épique. C'est ainsi qu'en Grèce, après la destruction de Troie, en laquelle est symbolisé le premier triomphe de l'Europe sur l'Asie toujours débordante, naquit de cette sécurité nationale, l'épopée homérique.

Il est à peu près certain que, dès le neuvième siècle, des poèmes assez importants, en langue vulgaire, .en roman, furent composés, sur Charles Martel, Charlemagne et d'autres héros de guerres entre Chrétiens et Sarrazins. Mais l'imagination populaire simplitie et unifie Thistoire : Charleriiagne devient le centre et le héros des exploits accomplis sous son règne et des exploits de ses prédécesseurs (1). Louis le Débonnaire est aussi le héros de plusieurs poèmes. Les luttes de ses successeurs ne semblent avoir donné naissance à aucune épopée. Sous Charles le Chauve, la féodalité qui s'organise fournit une nouvelle matière à la poésie narrative : alors apparaissent les poèmes qui chantent les rivalités des grands vassaux. « Les derniers événements dont l'épopée ait conservé le souvenir, dit Gas-

aurions la traduction latine de deux strophes empruntées à une chanson épique en langue rustique, et relative à Clotaire. Bref il semble bien que l'on n'ait point attendu les exploits de Charlemagne pour composer des canft^^nc.s destinées à célébrer les vertus et les victoires des rois franks. Un érudît belge, Godefroi Kurth, a été plus loin. Renouvelant à propos de notre histoire l'hypothèse émise par Niebuhr sur l'histoire des rois de Rome, il croit pouvoir affirmer que nos Mérovingiens nous sont connus seulement, pour ainsi dire, à travers l'épopée. Leurs exploits, avant d'être enregistrés par l'histoire, se seraient transformés en légendes épiques; de là, pour la critique, la nécessité de débrouiller un véritable chaos (G. Kdrth, Histoire poétique des Mérovingiens, Bruxelles, 1893).

(1) G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, Paris, 186.^.

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ton Paris, appartiennent à la seconde moitié du dixième siècle : avec l'avènement de la troisième race, la période de production épique spontanée est close (1). » — Il faut y ajouter cependant une dernière renaissance, provoquée par les croisades.

Théorie de M. J. Bédier. — Le successeur de G. Paris au Collège de France, M. Joseph Bédier, consacra son cours, de 1904 à 1911, aux chansons de geste. Ce cours forme la matière de quatre volumes qu'il a publiés, de 1908 à 1913, sous ce titre : les Légendes épiques (2). Voici un très bref résumé dés conclusions auxquelles aboutit M. Bédier, et qui semblent devoir ruiner sans rémission la théorie soutenue jusqu'à ce jour :

a) Il ne nous reste aucun texte authentique et original de ces chants lyrico-épiques ou de ces cantilènes, nées au lendemain même d'une victoire ou d'un désastre, et dont le développement ou la fusion aurait donné les épopées des onzième, douzième et treizième siècles.

b) La partie historique de nos principales chansons de geste témoigne d'une profonde ignorance des faits et des personnages réels. Il semble que l'auteur du Roland ou &'Aliscans ne soit relié par aucune chaîne de poèmes antérieurs au sujet qu'il traite.

c) Au contraire, on est frappé de voir que chaque épopée est en rapport' très étroit avec des légendes locales, et plus particulièrement avec les églises, les tombeaux, les fêtes, les pèlerinages. La Geste de Guillaume concorde avec les sanctuaires qui formaient les principales étapes de la via Tolosana, que suivaient les pèlerins allant de Nîmes à Saint-Jacques de Compostelle. La Chanson de Boland est en rapport avec les principales étapes des routes qui menaient à Pampelune par Roncevaux.

d) Les Chansons de geste sont nées auprès de ces sanctuaires, où les jongleurs, qui ont eu lés clercs et les moines pour collaborateurs, voulaient attirer et retenir les pèlerins;

(1) Cl. l*AUis, Litlcruliirc l'ranraisc au moyen (h/r, % 19.

(2) Les Légendes épiques, tieclierches sur la formaliond.es Chansons de geste, Paris, Champion, k vol., 1008-1913.

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— et elles sont, nées au onzième siècle seulement et sont contemporaines des Croisades ; — et elles sont entièrement d'inspiration et de facture françaises.

e) Enfin nous possédons de ces Chansons des versions identiques ou fort ressemblantes aux versions originales ; — •et nous devons les étudier comme des œuvres littéraires, en leur appliquant les procédés de la critique littéraire, au lieu de perdre notre temps à y découvrir des traces ou des débris d'hypothétiques cantilènes.

II, — Développement et décadence des Cliaiisoiis de geste.

Développement et modification du sujet dans les Chansons de geste. — On sait qu'à la bataille de Hastings, un Normand, nommé Taillefer, entonna la Chanson de Roland (1). On était en 1066. Cette chanson, si nous en croyons G. Paris et Léon Gautier, était déjà un remaniement du poème primitif, et devait différer également du Roland que nous a conservé le manuscrit d'Oxford, de 1080. Nos plus anciens textes, le Pèlerinage de Charlemagne (1060) et la Chanson de Roland (1080), ne nous représenteraient donc pas un premier état, mais un des états, dans une série qui devait se continuer.

Même si nous adoptons la théorie de M. J. Bédier, nous ne devons pas nier que certains poèmes n'aient été soumis, après leur composition au onzième ou douzième siècle, à des remaniements.

Ces ouvrages ne se prêtaient que trop à cette incessante transformation. Le cadre en était large et souple. Rien de plus aisé que d'y intercaler un épisode nouveau, ou de développer outre mesure un combat. Et suivant la région où ils exerçaient leur métier, les jongleurs ne manquaient pas de flatter la curiosité des auditeurs (2).

(1) AuG. Thierry, Conquête de l'Angleterre par les Normands, t. I, p. 341 (voir note 5).

(2) Du douzième au quatorzième siècle, on s'ingénie à rattacher les unes aux autres certaines Chansons de geste : on crée arbitrairement des cycles, dont les héros sont apparentés; on invente, non seulement en dépit de tout sens historique et critique, mais encore sans aucune imagination, des épisodes de raccord, — des poèmes biographiques sur les enfances d'Ogier, de

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Changements dans la forme des Chansons de geste. Les jongleurs. — L'assonance. — Jusqu'à la fin du douzième siècle, les Chansons de geste sont écrites en vers décasyllabes, assonances. Pendant cette période, elles sont chantées. L'assonance suffisait à l'oreille, en ramenant à la fin de chaque vers le même son dans la dernière syllabe accentuée, sans tenir compte du groupe de consonnes qui la suit : ainsi bise assone avec dire, et visage avec arbre. Une mélodie très simple accompagnait la psalmodie du jongleur. Ces vers décasyllabiques assonances étaient groupés en laisses ou couplets, sur une même assonance masculine ou féminine. La longueur des laisses varie; la moyenne est d'une quinzaine de vers. La Chanson de Roland comprend environ trois cents laisses.

Le jongleur (/ocM/a/or) s'en va de château en château ou de ville en ville, avec sa vielle ou sa rote en sautoir, avec ses manuscrits de petit format.

Qu'on se représente donc, aux onzième et douzième siècles, quelque salle de château féodal, dont l'architecture massive et sévère forme l'idéal et réel décorde ces gestes. Aux murs, des trophées de guerre, des écus dont les symboles héraldiques parlaient encore, des lances et des épées prêtes pour la bataille ou pour le tournoi. Les auditeurs, chevaliers, écuyers, pages, valets, dames même, sont préparés par leur vie quotidienne à ressentir et à multiplier les émotions que leur suggère le jongleur. Ces épisodes formidables, qui nous font sourire, nous qui vivons dans une civilisation mondaine et scientifique, ne sont pour eux que la projection agrandie mais directe de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils ont fait.

Qu'on se représente aussi la place publique ou la prairie avoisinant le sanctuaire où sont conservées les reliques d'un héros, et la foule des pèlerins écoutant pieusement le récit de ses exploits légendaires. Tous les cœurs, unis dans un même sentiment de foi et de patriotisme, battent pour le chevalier chrétien et français qui lutte contre le Sarrazin.

Guillaume ou de Garin, — des suites interminables : Huon de Boi'deaux

(douzième siècle) n'a pas moins de cinq suites écrites au treizième siècle.

Des Granges. — Littérature. 2

Iji, rime subistiluée à Vassondnoe. — Mais ce moment passe vite. A la période de la récitation des chansons de geste assonancées, succède, aux treizième et quatorzième siècles, celle de la lecture : les manuscrits, longtemps aux mains des seuls jongleurs qui les modifient à leur guise, commencent à se multiplier et à se fixer. L'assonance , faite pour l'oreille, est remplacée par la rime. On rajeunit ainsi tous les vieux poèmes, et leur physionomie en est troublée. La littérature s'y glisse sournoisement : car ce sont surtout les femmes qui liser^t.

La prose substituée au vers. — Enfin, dès le milieu du quinzième siècle, aux vers rimes se substitue la prose : on desrime les chansons de geste. Ce sont ces versions en prose que l'imprimerie, à ses débuts, devait vulgariser. Et c'est ainsi que nos épopées, toujours rafraîchies, aboutirent aux ridicules et insipides fadeurs de ia Bibliothèque bleue et de la Bibliothèque des romans (1).

Il faut attendre la date de 1832 pour voir la première publication d'une chanson de geste retrouvée; alors Paulin Paris donne l'édition princeps de Berte aux grands pieds et Francisque Michel, en 1836, celle de Roland. A partir de cette date, tous les vieux textes, rétablis dans leur intégrité par les romanistes français et étrangers, rejettent dans l'ombre le fatras des rajeunissements en prose.

Aujourd'hui donc, nous pouvons connaître et apprécier, dans leur plus ancienne forme poétique conservée, les plus célèbres de nos vieilles épopées. Mais n'oublions pas que ni Ronsard, quand il rêvait de devenir l'Homère de la France, — ni Boileau, quand il raillait Vart confus de nos vieux romanciers, — ni Victor Hugo, quand ij s'entliousiasmai|; un peu puérilement pour un moyen âge de décadence, n'avaient pris contact avec les textes authentiques des onzième, douzième et treizième siècles : c'est aux compi-

(1) On désigne soi^s le nom de BWUottwiCj^^ pley-^ Je? féimBressjqns « modernisées » de chansons de geste et de romans d'aventures, puj>lj*^es aux dix-septième et dix-huitième siècles, à Troyes, à Rouen, à Lyon, à Épinal, etc. (Cf. Nisard, Histoire des livres populaires..., 1854). — On appelle improprement Bibliothèque des romans, les élégantes adaptations de ces mêmes poèmes par le comte de Tressan, parues sous ce titre : Corps d'extraits de Romans de Chevalerie, U vol., Paris, 1782.

LITTÉRATURE PÉODAtE 3B

latioiis en prose du q\iin7.ièmê qu'allait leur dédain ou letir engouement.

in — Lfe<s tï^oîs Cy^^leS éthiques. L^s Gesteis particulières.

Division de nos épopées en Cycles. — On a coutume de subdiviser nos épopées en trois Cycles ou gestes : Geste du Boî ou de Charlentûgnef ^^ GuÈte de Gurin de Moriiglune ou de Guillaume d^Orangèy ■— Geste de Doon de Màyence.

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