IV. — Ouvrages philosophiques, Honiaiis, Mélanges
Nous ne citons dans ce chapitre que quelques titres; mais il faut savoir que cette partie de l'œuvre de Voltaire, la moins célèbre aujourd'hui, est celle qui explique le mieux son influence sur ses contemporains. Là est le Voltaire m«7i^an^, écrivain d'actualité.
Lettres philosophiques ou Lettres anglaises (1731-1734). — Voltaire y consigne ses réflexions sur l'Angleterre, où il avait séjourné trois ans (1726-1729). Les lettres sont au nombre de vingtcinq. Les plus remarquables sont : le Parlement (VIII), le Commerce (X), l'Insertion de la petite vérole (vaccine) (XI), iSwr Locke (XIII), Sur Descartes et Newton (XIV), la Tragédie (XVlri) (I), la Comédie (XIX), Sur la considération qu'on doit aux gens de lettres (XXIII), Sur les Pensées de Pascal (XXV). — C'est le premier ouvrage philosophique de Voltaire : on y trouve, au moins en germe, toutes les idées qu'il développera plus tard, et déjà ce style à la fois ironique, persifleur, mordant, éloquent, qui sera celui dé ses romans et de ses pamphlets.
(i) Morceaux choisis, 2« cycle, p. 668.
Candide ou l'Optimisme (1759). — Ce petit, roman contient on résumé, sous une forme badin(^ et parfois cynique, tout le scepticisme voltairien. C'est une réponse indirecte à Rousseau qui soutenait Vuptimisme, c'est-à-dire l'action de la Providence dans le monde; Voltaire prétend que tout marche au hasard, et il conclut : « Cultivons notre jardin ». Le plus célèbre passage de Candide est le souper des rois détrônés à Venise (1).
Micromégas (1752). — Volt^-ire suppose qu'un habitant d'une des planètes de l'étoile Sirius, ayquel il donne le nom de Micromégas (de deux mots grecs qui signifient pf^lit et grand), voyage sur la terre, et y apprend que rien n'est grand en soi, ni petit, mais que tout est relatif. Dans ce spii'ituel roman, Voltaire imite le Gulliver de Swift.
Traité de la tolérance (17(>3). — Ce traité fut inspiré à Voltaire pai' l'affaire Calas. On sait que Jean Calas, de Toulouse, était accusé par l'opinion publique, d'avoir fait périr son fils Marc-Antoine qui voulait se faire catholique. Malgré ses protestations, Jean Calas avait été torturé, et roué (1761). Voltaire s'appliqua à obtenir la réhabilitation de la mémoire de Calas, et y réussit.
Dictionnaire philosophique (1764). — C'est le plus significatii (les ouvrages voUairiens, Par ordre alphabétique y sont disposés des articles sur Y Ame, le Beau, la Gloire, la Guerre, l'Homme, U^ Rire, le Style, la Tragédie. Il n'est pas de question que n'abordo V oltaire, tantôt avec une précision exquise, tantôt avec une légèreté discutable. Sa haine du fanatisme (et il donne ce nom à toutes les religions positives) lui ôte souvent le sang-froid et l'équité. Mais quand il touche à la société, à la critique, à la littératui'e, il est parfait.