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Geste de Garin de Montglane ou de* Guillaume d'Orange

« Guillaume au court nez (ou au courb nez), appelé aussi Guillaume d'Orange, ou Guillaume Fièrebrace {fera brachia), ou Guillaume de Narbonne, est un héros épique formé par la fusion de divers personnages qui n'ont pas encore été tous identifiés. Le principal, celui qui a peu à peu absorbé les autres, est Guillaume, comte de Toulouse, qui empêcha les Sarrazins d'envahir la P'rance en leur livrant une sanglante bataille sur les bords de l'Orbieu (affluent de l'Aude, rive droite), en 793; qui, plus tard, étant gouverneur de l'Aquitaine, dont le futur Louis le Débonnaire était roi, conquit la Catalogne; qui enfin fonda le monastère de Gellone, aujourd'hui Saint-Guilhem-le-Désert, où il se retira en 810, pour y mourir en odeur de sainteté en 812, un an avant le couronnement de Louis le Débonnaire (3). »

(1) Certains critiques placent Ogier dans le troisième Cycle; nous suivons Gaston Paris. — J. Bédier, II, 281.

(2) Lire dans la Chrestomathie, de Gaston Paris, p. 27, la scène où Guillaume châtie l'insolence d'Arnéis d'Orléans, qui veut se saisir de la couronne. — J. BÉDIER, 1, 194.

(3) G. Paris, Chrestomathie, p. 27. — M. Joseph Bédier a consacré le premier volume de ses Légendes épiques à Guillaume; d'après lui, il n'y a qu'un seul personnage historique dans cette Geste, GuiUaume comte de Toulouse, fondateur du monastère de Gellone. « Les auteurs des chansons de geste ont appris des moines de GeUone et n'ont pu apprendre que de ces moines les quelques faits authentiques qu'ils rapportent de leur Guil-

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Les trouvères ont constitué toute une p:énéalôgie à Guillaume d'Orange. Son bisaïeul est Garin de Montglane, lequel a pour fils Girard de Vienne ; celui-ci est l'oncle d'Aimeri de Narbonne, oncle lui-même de Guillaume. Guillaume, à son tour, a pour neveu Vivien.

Les Chansons les plus intéressantes de cette vaste Geste sont les suivantes :

Girard de Vienne. — Fils de Garin, Girard a reçu pour îîef la ville de Vienne. A la suite de d(^tnêlés sanglants avec Charlemagne, il s'enferme dans Vienne, où il est assiégé pendant sept ans. Parmi ses barons les plus braves, il compte Olivier, son neveu, dont la sœur est la belle Aude. Roland, qui combat aux côtés de son oncle Charlemagne, aperçoit Aude, s'en éprend, et veut l'enlever ; mais Olivier l'en empêche. Enfm, il est décidé qu'un duel entre Roland et Oîivier terminera la guerre» Les deux guerriers sont transportés dans une île du Rhône, où ils combattent seul à seul, tandis que de loin Charlemagne, Girard et Aude suivent avec angoisse leur gigantesque et interminable lutte. Un ange les sépare et leur ordonne de se réconcilier jiour unir leurs fortes contré les Sarrazins. Olivier accorde h Roland la main do sa sœur Aude. Ce dernier épisode a été repris par V. Hugo, dans Ia Légendf dc-'< fiiècles^ sous le titre du Mariage da Roland (1).

Aiméri dé Narbonne. — A son retour d'Espagne, et tout attristé par la mort de Roland à Koncevaux, Charlemagne aperçoit la ville de Narbonne, qui appartient aux Sai-razins. Il veut la conquéi'ir au passage, et il l'offre à celui de ses barons qui saura lajifondrc. Mais tous, les plus vaillants même, déclarent qu'ils ont liâte de rentrer chez eux; et Charlemagne irrité les renvoie. Cependant un jeune chevalier, Aimeri, neveu de Girard de Vienne, accepte la proposition de l'Empereur et s'empare de la ville. Le ti-ouvère nous raconte ensuite comment Aimeri épousa Hormangart <le Pavie; de ce mariage devait naître Guillaume d'Orange. On a reconnu, dans la première partie du poème, le sujet traité par V. Hugo dans Aymerillot {Légende des siècle^) (2).

Le Charroi de Nîmes. — Guillaume s'empare de Nîmes, grâce n un stratagème qui fournit le titre de la Ghamon. Il fait caclier

launie, et qui forment le seul support historique de leurs fictions innombrables » (t. r«'-, p. tiHh).

(1) Lire le combat de RolaM et d'Olivier dans la Chi^slomathie, dr M. Clédat, p. 92. — J. BÉbiER, I, m.

(2) Morceaux choiiin,^^ cycle, p. 957; — Chrestomalhle, de G. Paris, p. 63. feur le groupe d'AJfflfeH de Nâ<-bbnnë, tt J. ÔéDIër, Légendes épiques, t. t«"^ p. 23.

inillt; chevaliers dans des tonneaux, et, déguisé en chaFFCtier, il introduit lui-même \e charroi dans la ville sarrazine (1).

La Prise d'Orange nous raconto comment Guillaume conquit la ville d'Orange et épqusa la belle Orable, veuve d'un roi sarrazin, qui devint chrétienne et prit le nom de Guibourc.

Aliscans est la plus célèbre et la plus belle chanson de ce Cycle, et la première partie mérite de devenir aussi classique que le Roland. — Guillaume combat, dans la plaine d'Aliscans (2), contre une innombrable armée sarrazine; il est vaincu; il fuit vers Orange. Sous un arbre, près d'une fontaine, il trouve son neveu Vivien, blessé à mort après s'être battu tout le jour. Vivien expire entre les bras de son oncle, qui tente vainement d'emporter son corps. Poursuivr de tous côtés, Guillaume n'échappe à ses ennemis qu'en revêtant une armure sarrazine. Enfin, il arrive sous les murs d'Orange. Mais Guibourc,. sa femme, refuse (le lui faire ouvrir les portes; elle n'admet pas que Guillaume puisse fuir, et lui ordonne de retourner au combat pour délivrer un convoi de pa-isonniers chrétiens. Guillaume obéit et peut rentrer dans sa ville ( ). Il la quitte bientôt pour aller demander recours au roi Louis. — Dans la seconde partie (retour et triomphe de Guillaume), apparaît un personnage grotesque, sorte de géant, <iui se bat avec un linel (massue), et qui se nomme Renouart (4). — On a retrouvé, en 1903, une Chanson de Guillaume, plus ancienue ({xxWli^cam et que la Chevalerie Vivien (5).

Pour compléter l'histoire de Guillaume et de son neveu, il faut citer, d'une part, les Enfances Vivien et la Chevalerie Vivien, — d'autre part le Moniage Guillaume (le héros se fait moine) et le Moniafie Renouart (dans le genre héroï-comique).

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