‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 163 sur 323 · II. — L'Encyclopédie · texte numérisé non relu

II. — L'Encyclopédie

Histoire de la publication. — Encyclopédie vient de deux mots grecs, qui signifient : « cercle ou cycle des connaissances humaines ». — En 1745, le libraire Le Breton

voulut faire traduire une Encyclopédie des sciences et des arts publiée à Londres, en 1727, par Chambers, Mais il s'aperçut que l'ouvrage, sur bien des points, était déjà arriéré, et qu'il valait mieux en entreprendre un autre, tout nouveau. Il en chargea d'abord l'abbé de Malves, puis Diderot et d'Alembert.

Ces deux derniers se partagèrent la besogne et cherchèrent des collaborateurs. En 1750, Diderot publia un prospectus, où il exposait le but de l'ouvrage, et indiquait les conditions de la souscription (1). En 1751, parut le Discours préliminaire, dans lequel d'Alembert faisait un tableau des progrès de l'esprit humain et une classification générale des sciences. Le pouvoir semblait alors aussi favorable que le public à ce dictionnaire d'une incontestable utilité. Mais, après l'apparition du deuxième volume, en octobre 1751, l'ouvrage fut subitement interdit. Un collaborateur de V Encyclopédie, l'abbé de Prades, chargé des articles de théologie, avait fait scandale, en Sorbonne, par sa thèse de licence. De là une enquête, et une suspension.

— Grâce à l'intervention du comte d'Argenson, l'interdiction fut levée ; mais on nomma trois censeurs qui devaient examiner les articles en manuscrit. Entre 1752 et 1757, point de difficultés : les tomes III à VII paraissent régulièrement. — En 1757, nouvelle crise. Les événements politiques à l'intérieur (attentat de Damions) comme à l'extérieur (bataille de Rosbach), avaient surexcité les esprits. D'Alembert avait soulevé des polémiques avec son article Genève (voir J.-J. Rousseau). Les pamphlets pleuvaient sur V Encyclopédie. Deux années se passèrent, pendant lesquelles on put croire que l'ouvrage ne serait pas continué. Et le prudent d'Alembert se retira de l'entreprise.

Cependant, le gouvernement craignait que V Encyclopédie ne s'imprimât à l'étranger ; et les souscripteurs, très nom- Ci) L'ouvrage devait coûter 280 livres; mais le nombre de volumes ayant été dépassé, on demanda un supplément de 20 livres par volume, ce qui porta le prix à 956 livres. 11 y eut, dés le début pr<s de 5.000 souscripteurs.

— Les bénéfices matériels de l'entreprise furent considérables, les collaborateurs étant fort peu ou point du tout payés. (Cf. Brunel, Littérature, .TULLEVILLE, Cûlin, t. VI, cbap. vu ; — et F. HÉMOX, Cours de littérature, l'Encyclopédie.)

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