VIII. — Les Arts et les Sciences
Les Arts ne profitent pas tout d'abord, au dix-neuvième siècle, de la liberté générale accordée aux manifestations de la pensée et du talent. — L'école de David, pseudo-classique, est presque officielle. Il y a un style Empire, non seulement pour les meubles et les bronzes, mais aussi en peinture et en sculpture. Sans doute, Guérin, Girodet, Gérard furent des artistes d'un grand talent; mais seul, durant cette époque. Prudhon est original et vivant. Par sa personnalité, 11 est déjà un romantique.
Ce romantisme éclate dans le' Naufrage de la Méduse, de Géricault (1819), et bientôt il trouve son représentant le. plus complet dans Eugène Delacroix (1). L'école romantique, par son indépendance et sa fantaisie, et surtout par son dédain exagéré du dessin, provoque une réaction, marquée par le nom illustre de Ingres, moins génial, plus correct.
La sculpture se fait romantique avec David d'Angers, qui fut l'ami de tous les grands écrivains du temps, et qui n'excella pas moins dans le buste ou le médaillon (Hugo, Lamartine, Balzac, Gœthe, etc.) que dans la sculpture monumentale (fronton du Panthéon).
(i) Sur la définition de la peinture romantique et sur l'influenc*^ réçiproqu<> des artistes et des écrivain**, lire dans la Littérature de Petit dk JulleviLtE (Colin) le chapitre xv du tome vu {l'AH français dans si»ji rapports aoec la littérature au dix-neuvième siècle, par M. S. Uochkbijivk), p. 717.
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Comme le romantisme littéraire, le romantisme artistique fléchit vers le milieu du siècle. On revient à la peinture d'histoire, plus exacte et moins vivante, avec Horace Vernet, Paul Delaroche; à la peinture exotique, et en particulier à l'Orient (mis à la mode par les poètes), avec Decamps. Enfin, triomphe le paysage, le vrai; là encore, c'est l'influence littéraire qui détermine l'art : Millet, Dupré, Rousseau, Dau- BiGNY, Corot font des paysages qui sont « des états d'àme ».
Mais il faut noter aussi l'introduction du réalisme dans l'art : après 1848, Courbet est le Balzac de la peinture, c'omme Manet, un peu plus tard, sera son Emile Zola.
Et, vers la fin du siècle, la personnalité puissante et étrange de Puvis de Chavannes se dégage presque en même temps que les tendances symbolistes de la poésie (1).
Les Sciences. — Le développement scientifique du dix-neuvième siècle, que l'on y cherche les grandes découvertes ou leurs applications, est si grandiose et si complexe, qu'il suffit de rappeler quelques noms ou quelques faits qui ont particulièrement agi sur les esprits. — Des astronomes comme Le Verrier, des mathématiciens et des physiciens comme Ampère et Arago, des chimistes comme Chevreul et Pasteur, des biologistes comme Claude Bernard, etc., continuent à déchiffrer l'énigme du monde extérieur ou le mystère de la vie. Leurs découvertes ouvrent à l'esprit de nouvelles sources de pensée et de poésie. A l'étranger, Darwlx et H.ECKEL posent le problème du transformisme. Et toutes les sciences économiques sociales, critiques, sont atteintes et modifiées par les nouvelles méthodes. On rêve d'une critique scientifique, d'une politique scientifique, d'une théologie scientifique ; il semble que l'on veuille non plus seulement faire, comme Sainte-Beuve, « l'histoire naturelle des esprits », mais qu'on souliaite d'inventer des instruments enregistreurs de l'imagination et du talent.
Quant aux applications des sciences, elles créent une rapidité dans l'échange des communications, qui influe également sur la société, et toujours dans le sens de la curiosité satisfaite plus vite et plus superficiellement.
(1) M., pp. 765-792. — Cf. Histoire générale des beaux arts, par Roger Peyre. Delagravc
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