‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 191 sur 323 · LA LITTÉRATURE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA LITTÉRATURE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

SOMMAIRE

1° La littérature française a des caractères communs sous la Révolution et sous l'Euipire. Le pseudo-classicisme là domine. L'influence de Chateaubriand et de M''^^ de Staël ne se fera sentir qu'à partir de

2" Sous la Révolution, on peut signaler : dans la tragédie, M.-J. Chénier, N. Lemercier, Ducis, — dans la comédie, Fabre d'Églantine, Collin d'Harleville, — dans la poésie lyrique, Rouget de Lisle.

3° Sous le Consulat et l'Empire : tragédie, Luce de Lancival; Brifaut, Jouy, Raynouard, — comédie, Picard, Alex. Duval, Etienne; — succès du mélodrame; — poésie lyrique, Fontanes, Chênedollé, Millevoye; —poésie descriptive, Delille; — histoire, Daunou, Lacretelle, Sismondi ; — critique, Suard, La Harpe, Dussault, Felelz, Geoffroy!

Si l'on en excepte les orateurs, les journalistes et André Chénier, que nous avons étudiés plus haut, la littérature de la Révolution surprend moins par sa pauvreté que par son esprit d'imitation stérile. De même pour la littérature du premier Empire. C'est toujours la suite du dix-huitième siècle. Encore, sous la Révolution, le théâtre s'inspire-t-il des événements et cherche-t-il à profiter de sa liberté récente. Mais sous l'îlmpire, sauf dans la comédie et dans la critique, il n'y a rien. Le despotisme de la censure, la protection tyrannique de Napoléon, l'absorption des forces vives par la guerre ou l'administration, sont autant de causes qui expliquent Vesprit de suite ou le vide des auteurs. Bien entendu, il faut mettre à, part deux génies isolés, persécutés par l'Empire, et dont l'influence décisive est retardée : Chateaubriand et M™« de Staël, — ceux qui se développent en dehors du

Page 1