‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 235 sur 323 · ORATEURS ET ÉCRIVALNS POLITIQUES. JOURNALISTES · texte numérisé non relu

ORATEURS ET ÉCRIVALNS POLITIQUES. JOURNALISTES

sont un stimulant pour le véritable orateur, le désarçonnaient, son style à antithèses et à formules grandioses passait par-dessus l'objet même de la discussion. Cependant, il a parlé sur la liberté de V enseignement et sur le sujfrage universel (1850) d'une façon véhémente et souvent heureuse. Il a lui-même recueilli dans Actes et Paroles ses nombreux discours prononcés à la Chambre des pairs, à l'Assemblée de 1848, à l'Assemblée de 1871 ; et au Sénat (1876-1885) ; mais il s'est souvent permis d'en altérer le texte (1).

Jules Favre (1809-1880). - Député en 1848 et 1849, alors qu'il avait déjà une grande réputation d'avocat, réélu en 1858, Jules Favre joua surtout un rôle important comme membre du gouvernement de la Défense nationale, où il fut ministre des Affaires étrangères. Il devint sénateur en 1876. Les discours de J. Favre sont, comme ceux de Berryer, des plaidoyers. J. Favre n'a pas le même enthousiasme ; mais il argumente peut-être d'une façon plus serrée ; par de pressantes interrogations, il fatigue €t réduit ses adversaires. On peut citer ses discours sur V expédition de Rome (1849), sur la guerre du Mexique (1862), sur la candidature officielle •(1864) (2).

Gambetta (1838-1882). — Avocat, Gambetta fut célèbre du jour où il défendit (1858) Delescluze, directeur du journal le Réveil, poursuivi pour avoir ouvert une souscription destinée à élever un monument à Baudin, tué le 3 décembre 1851 sur les. barricades. L'année suivante, Gambetta fut élu député, et combattit vivement l'Empire. Après Sedan, il devint membre du gouvernement de la Défense nationale, et fut un des organisateurs les plus actifs de la résistance. Président de la Chambre en 1879, président du Conseil en 1881, il ne put se maintenir au pouvoir, et mourut prématurément. Gambetta est un des plus beaux tempéraments oratoires que la France ait connus depuis Mirabeau ; il était vraiment né pour parler, pour exprimer en phrases claires et sonores les idées générales de la politique, et surtout ses banalités. Geste,

(1) Pblusson, pp. 255, 265 ; J. Reinach, p. 255. — Sur V. Hugo, poète lyrique, cf. p. 791.

(2) Pellisson, pp. 242, 279, 321, 336; J. Reinach, p. 269.

Des Grances. — Lilléraluie. 29

voix, port de tête, tout concourait à l'effet que produisait cet orateur, plutôt tribun qu'homme d'État. Lus dans un livre, et même à rOfficiel, ses discours paraissent un peu redondants et vides ; ce n'est pas là, certes, du Démosthène ni du Mirabeau, pas même du Lamartine. Mais ceux qui ont entendu « rugir le lion'» en ont conservé, paraît-il, un inoubliable souvenir. — On peut citer ses discours sur le Plébiscite (avril 1872), Aux Alsaciens (1872), le discours de Thonon (1872), le discours de Cherbourg (1875), le discours de Romans (1878) (1).

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