LES ROMANS ANTIQUES. — LES POEMES DIDACTIQUES ET MORAUX
SOMMAIRE
1" Les^ trouvères instruits, les clercs, veulent exploiter l'antiquité pour varier les sujets de leurs romans. Mais ils n'imitent pas les œuvres originales des anciens; ils s'adressent à des compilateurs gréco-byzantins. — Les plus célèbres ouvrages de ce genre sont : le Roman d'Alexandre, le Roman de Troie, le Roman de Thèbes. Les héros y sont des chevaliers : aucune couleur locale.
2° Parmi les poèmes allégoriques, le chef-d'œuvre est le roman de la Rose, écrit par deux auteurs : G. de Lorris en compose la première partie vers 1230; Jean de Meun, la seconde vers 1277. 'L'histoire du jeune chevalier qui veut cueillir une rose, et qui en est empêché par des allégories représentant des sentiments^ se transforme, dans la deuxième partie, en une satire de la société. — Ce Roman eut un grand succès : Marot, au seizième siècle, en donna une édition rajeunie.
3° Le moyen âge publie des traités didactiques de toutes sortes, Bestiaires, Lapidaires, Image du Monde, etc., et de nombreuses petites pièces où la satire tient une grande place : le Dit des Jacobins, le Dit des Cordeliers, etc. Aucune époque n'a témoigné autant de goût pour la poésie didactique.
Nous rangeons dans ce chapitre les œuvres inspirées par l'antiquité, telle que la comprenait le moyen âge, et écrites par les clercs : épopées pseudo-grecques et pseudo-latines, imitations de VArt d'aimer d'Ovide, et particulièrement le Boman de la Rose ; petits ou grands poèmes didactiqiLes, c'est-àdire dont l'objet est d'enseigner ou de résumer une science