IV. — Le Roman
Le Roman n'est d'abord qu'un récit en langue vulgaire (p. 53). Mais il devient, au douzième siècle, le roman chevaleresque d^Nec Chrétien de Troyes, et les légendes de Tristan, du Saint-Graal, etc. fp. 54 à 61). A côté de ces romans courtois^ signalons les romans tirés de légendes byzantines, grecques, etc. Ces ouvrages sont, comme les chansons de geste, sans cesse remaniés et rajeunis. Au seizième siècle, il y en a moins ; on se contente d'adaptations nouvelles des romans précédents. Mais on peut ranger parmi les romans le Gargantua et le Pantagruel (p. 229). — Le dix-septième siècle voit refleurir le genre. UAstrée, d'Honoré d'Urfé (p. 471), les romans à clef de M^^'' Scudéry (p. 474), les romans d'aven tures (p. 473), le roman réaliste avec Scarron et Furetière (p. 475), le roman idéaliste, avec la Princesse de Clèves (p. 476), passionnent la société polie. — Le dix-huitième siècle y ajoute soit une observation plus fine et plus directe des mœurs, chez Le Sage (p. 683) et Marivaux (p. 684), soit une analyse plus profonde et plus sensible ae la passion, chez Prévost (p 685), et chez Rousseau (p. 674). D'autre part, le roman devient un cadre à thèses pour Voltaire (p. 686) et pour Marmontel {p. 687). — Au dix-neuvième siècle, le développement est prodigieux ; tous les genres de romans produisent des chefs-d'œuvre, depuis Chateaubriand (p. 761 à 767), M'"^ de Staël (p. 774) et Benjamin Constant (p. 921) jusqu'à Balzac (p. 930), Flaubert (p. 9.34), George Sand (p. 937). Et nos contemporains ont encore élargi le roman, par la discussion de thèses sociales et la peinture des pays exotiques (p. 940).
A noter que le roman est, de tous les genres, celui qui a le plus subi les influences étrangères : celtique et byzantine au moyen âge ; italienne et espagnole au dix-septième siècle ; anglaise, au dix-huitième; allemande et russe au dix-neuvième.