‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 33 sur 323 · Hutebeuf (t · texte numérisé non relu

Hutebeuf (t

Bien que quelques auteurs de fabliaux nous soient connus, il serait inutile de citer des noms dont la survivance est due à un seul conte plaisant.

Mais, parmi les poètes satiriques vraiment personnels et féconds du treizième siècle, il faut faire une place spéciale à Rutebeuf, qui est le type achevé du pauvre et besogneux trouvère, et l'ancêtre de Villon.

On sait peu de chose de sa vie : deux dates seulement sont connues, celle de son second mariage, 1261, et celle de sa mort, 1280. Rutebeuf a écrit quelques fabliaux; un monologue dramatique, le Dit de VHerberie; un miracle, Théophile; de nombreuses pièces satiriques contre les femmes, l'Université, les moines mendiants, etc. Il a du mordant et de la ,verve, comme poète satirique. Mais il vaut surtout par la poésie personnelle : cent ans avant Villon, il a chanté, avec

(1) G. Paris, Récits.... p. 126.

(2) ID., Récits..., p. 93.

(3) ID., Récits..., p- 117.

(^i) ID., la Poésie au moyen âge, 2« série, HacheUe, p. 151. L'Ange et t'Ermie a été imité par VoiUir^, au cJiap.Ure xx de Ziuiig ; mais le cojate 4u moyeo âge est de beAUCoyp supérieur à l'adaptation de Yollaire.

une sincérité poignante, sa misère morale et physique (1), sa passion dévorante pour le jeu, sa triste situation d'homme de lettres aux gages des grands seigneurs, enfin ses remords et sa pénitence.

BIBLIOGRAPHIE

Ernest Martin, le Roman de Renard^ 3 vol. Strasbourg-Paris, 1887.

h. SuDRE, les Sources du Roman de Renard. Paris, 1893. — Histoire de la Littéralnre française (Julleville-Colin, t. II, chap. i).

G. Paris, le Roman de Renard. Paris, 1895.

Page 1