‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 69 sur 323 · RABELAIS. — LES CONTEURS · texte numérisé non relu

RABELAIS. — LES CONTEURS

traduits en français par Antoine le Maçon, en 1545, et dédiés à Marguerite. Celle-ci résolut de les imiter; elle composa la préface et traça le plan d'un nouveau décaméron, qui devait comprendre, comme celui de Boccace, dix jouiyiées et cent contes. Mais elle n'eut pas le temps de terminer son livre; elle en resta à la septième journée et à la soixante-douzième nouvelle. Après sa mort, en 1558, parut une première édition de ces contes sous le titre &' Histoire des amants fortunés; et l'année suivante, Claude Gruget, ancien secrétaire de Marguerite, donna une seconde édition, intitulée : Heptamèron des nouvelles de très-illustre et Irès-exceUente princesse Marguerite de Valois, reine de Navarre.

Cinq gentilshommes et cinq dames, revenant de Cauterets, sont arrêtés dans leur voyage par les inondations ; ils se réunissent à N.-D. de Sarrance, et, pour passer le temps, décident de se raconter les uns aux autres des histoires, mais « qui seront toutes véritables ». Et voilà l'originalité de ces contes, si on les rapproche des nouvelles de Boccace ; ils ne sont pas puisés, sauf quelques-uns, dans le vieux fonds français ou italien : ils sont tirés d'aventures réelles qui, à vrai dire, n'en sont que les thèmes. Chaque conte, et c'est encore un mérite propre à ce recueil, est suivi d'une conversation entre les différents personnages : on raisonne sur la moralité de l'histoire. Sans doute il y a dans le nombre bien des contes un peu libres, et que l'on est surpris de rencontrer dans l'œuvre d'une femme comme Marguerite. Mais par rapport au moyen âge et au seizième siècle, c'est un livre d'une décence toute mondaine, et qui, par l'aisance un peu traînante du style comme par le goût de la métaphysique galante ou morale, annonce le roman du dix-septième siècle.

Brantôme (1540-1614). — Pierre de Bourdeille, abbé de Brantôme, mena, jusqu'au moment de la Ligue, la vie la plus active et la plus aventureuse, en Italie, en Espagne, en Afrique, en France. Condamné par une chute de cheval à un repos forcé, Brantôme rédigea ses souvenirs personnels sur tous les personnages qu'il avait rencontrés. Ce Gascon écrit « à la cavalière », avec verve, esprit, et cynisme. Ses Mémoires, publiés seulement en 1G65-6G, comprennent ;

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Vies des homtnes illustres et des grands capitaines, Vies des dames illustres, Discours sur les duels, etc.. Par le naturel et la liberté de son style, Brantôme est le conteur par excellence; il n'y a de réserves à faire que sur sa moralité (1).

BIBLIOGRAPHIE

Editions de Rabelais, Burgaud des Marels et Rathery (1857), Marly- Laveaux (1868-1902).

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(1) Morceaux choisis, 2' cycle, p. 204.

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