V. — Les Arts et les Sciences
Les Arts. — L'architecture du dix-septième siècle, pour ne point valoir celle du moyen âge et de la Renaissance, n'en a pas moins un caractère très original : elle a surtout de la noblesse et de l'harmonie. Lacolonnadedu Louvre, construite par Claude Perrault (1666-1670); le château de Versailles, par Hardouin Mansart (1670-1682); l'hôtel des Invalides, par Libéral Bruand (1671-1675), et beaucoup d'autres monuments civils en imposent par leurs dimensions et charmentl'œil par leur majestueuse élégance. — L'art religieux est moins heureux ; le style jésuite (imité de l'église du Gesù, à Rome) est une fâcheuse nouveauté. On peut louer, par contre, le dôme du Val-de-Grâce et le dôme des Invalides.
Dans la sculpture, même goût pour la noblesse des attitudeâ et l'élégance des accessoires. Sauf Pierre Puget (1622-1694), Girardon (1628-1675). et Coysevox (1640-1720), qui ont du génie, les autres sculpteurs, comme Nicolas et Guillaume Coustou, sacrifient trop au goût théâtral.
Ce goût est encore plus sensible dans la peinture. —Mettons à part, cependant, les artistes de la première moitié du siècle, plus simples et plus vrais : Nicolas Poussin (1594-1665),' Claude Lorrain (1600-1682), Eustache Le Sueur (1616-1655).
Les deux premiers se sont formés à l'école des maîtres italiens ; le dernier est le plus sincèrement religieux de tous nos peintres. A part, également, Philippe de Champagne, dont les portraits sont à la fois d'un artiste accompli et d'un penseur. Mais la vraie t peinture Louis XIV » est celle de Le Brun (1619-1690) et de Mignard (1610-1695). Le Brun, qui exerça sur toute l'école de son temps une sorte de tyrannie, est surtout célèbre pour aes Batailles d'Alexandre, dont la pompe ne doit pas nous faire oublier les qualités de dessin et de coloris. Mignard, plus personnel, a subi davantage l'influence italienne; il a plus de grâce que Le Brun, mais aussi un certain maniérisme. Citons encore d'admirables portraitistes, comme Largillière et Rigaud (1).
Les Sciences. — Un certain nombre de grandes découvertes ont été faites au dix-septième siècle. Descartes applique l'algèbre à la géométrie. En astronomie, c'est l'époque de Kepler, de Galilée, de Newton : avec eux, toutes les lois essentielles sont trouvées, en particulier la gravitation unir verselle. On mesure le méridien terrestre (1670); on établit des cartes célestes, et grâce au perfectionnement du télescope, on arrive à découvrir et à classer un plus grand nombre de planètes et d'étoiles. L'Observatoire est bâti en 1671.
La physique progresse également avec les expériences de Torricelli, reprises en France par Pascal (1648); on invente la machine pneumatique, on trouve le principe de la machine à vapeur (Denis Papin, 1682).
Dans les sciences naturelles, il faut citer le nom de Tournefort .(1656-1708), savant botaniste ; — en médecine, Harvey, qui découvrit, en 1619, la circulation du sang, etc. . Bref, le dix-septième siècle n'a pas été moins grand par son essor scientifique que par ses chefs-d'œuvre littéraires. Mais il faut avouer que le mouvement se fait en grande partie à l'étranger.
(1) Cf. Roger Peyre, Histoire générale des Beaux-Arts. Paris, Delagrave,