‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 2 sur 58 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

œuvres que par le côté de Tart ; le philosophe invoqué par l'esprit d'anarchie m'aurait caché l'écrivain supérieur.

Je me suis donc abstenu , attendant que Tordre, rétabli dans la société et dans les esprits , me permît de les juger, non comme des auxihaires appelés en de mauvais jours pour des œuvres de destruction, mais comme des maîtres de l'art et comme les guides de l'esprit humain au dix-huitième siècle.

J'ignore si je les ai bien jugés; du moins j'ai la conscience qu'au moment où ces pages ont reçu leur dernière forme, il ne m'était resté aucun ressentiment de l'usage qu'on avait fait des erreurs de ces écrivains contre les vérités conservatrices de la société humaine.

Cependant, pour J.-J. Rousseau en particulier, je sens que l'apaisement qui s'est fait en moi n'a guère modifié mes sentiments, et j'ai eu fort peu à changer, quant au fond, au chapitre qui lui est consacré, le plus anciennement écrit de ce volume. Rousseau a deux défauts pour lesquels je ne suis pas près de devenir endurant : c'est l'esprit de chimère et la déclamation. Fénelon lui-même n'a pas pu me faire aimer l'esprit de chimère, quoique chez lui le rêve de la perfection vienne du cœur

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