‹ Histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 10 sur 62 · FLAN DE CETTE HISTOIKE · texte numérisé non relu

FLAN DE CETTE HISTOIKE

L'objet de cette histoire étant l'esprit français , défini, autant qu'il a été en nous, par tout ce qu'il est, comme par tout ce qu'il n'est pas, comparé à l'esprit ancien, distingué de l'esprit des autres nations modernes, montré dans le génie même et les conditions de la langue française, il reste à savoir qui nous éclairera et nous guidera dans cette étude. La France elle-même. Il n'y a pas ici de système à imaginer ; il n'y a qu'à prendre un à un, dans l'ordre des temps et dans la succession des influences, les noms qui ont survécu, et dont la suite nous marque notre chemin. La liste en est arrêtée ; le paradoxe archéologique pourra bien essayer d'y glisser, sous prétexte d'oubli injuste, quelques noms qui n'y figurent pas ; ils n'y demeureront pas.

La France a fait un choix définitif. Parmi tant d'écrits et tant de noms, elle a omis ceux-ci et retenu ceux-là. Ce n'est pas, comme l'a imaginé le paradoxe, dédain ou incurie de sa gloire : c'est justice. Les nations sont plus disposées à grossir qu'à réduire la liste de leurs grands hommes ; elles sont plus soucieuses de leur renommée que ne l'est

pour elles, sans y être accrédité, tel écrivain qui a sujet de craindre pour lui-mêmç ladestinée de ceux

<|iii ont été omis. Je m'en rapporte à la France, et j'accepte sa liste pour toute la suite de sa littérature, ne réhabilitant personne et laissant les morts dans Le repos de leur tombe, mais, par la recherche .-ipnrofondie des causes qui ont fait vivre les uns et mourir les autres, rendant d'autant plus hommage à ceux; qui ont survécu.

Pourquoi ceux-ci vivent-ils, et pourquoi ceux-là ont-ils péri? Parce que la France se reconnaît dans les premiers, et qu'elle ne se reconnaît pas dans les seconds.

La France n'a pas eu à faire un long examen. Elle s'est regardée successivement dans les images vraies ou prétendues de son propre esprit. Dans \e< unes elle ne s'est pas reconnue : elle s'est reconnue dans les autres, soit à certains traits, soit tout entière. La science compare l'original à ces divers portraits, et donne les raisons du jugement souverain que la France en a porté d'instinct.

Tel est l'objet de ce travail, et tel en sera le plan.

Page 1