ENVOI
Prince, je congnois tout er> somme ; Je congnois coulorez et blesses ; Je congnois mort qui nous consomme ; Je congnois tout, fors que moy-mesme.
Netteté de pensée, vivacité de tour, force d'expression, philosophie enjouée et profonde, que tout cela est supérieur à la facilité nonchalante de Charles d'Orléans! Quelles acquisitions pour l'esprit français et pour notre langue poétique !
Ainsi, malgré quelques vers agréables de Charles d'Orléans, laissons à Villon l'honneur du progrès que vient de faire la poésie française depuis le Roman de la Rose. N'amendons pas le jugement de Boileau pour si peu. Le premier, Villon s'est affranchi de l'imitation des vieux romanciers ; le premier, il a tiré sa poésie de son cœur ; le premier, il a créé des expressions vives, originales, durables. Charles d'Orléans clôt la liste des poètes de la société féodale ; Villon est le poète de la vraie nation , laquelle commence sur les ruines de la féodalité qui finit.
Marot, qui ne paraît pas avoir connu Charles d'Orléans, avait déjà placé Villon au rang où Ta maintenu Boileau. Il s'ébahit « vu que c'est le meilcc leur poète parisien qui se trouve, comment les im<