I1IST. DE LA LITTÉU. — T. I
« primeurs de Paris et les enfants de la ville n'en « ont eu plus grand soin. » Il veut que les jeunes o-ens « cueillent ses sentences comme belles fleurs : « qu'ils contemplent l'esprit qu'il avoit ; que de lui <( ils apprennent proprement à décrire. » Il l'estime « de tel artifice, tant plein de bonne doctrine, et « tellement peinct de mille couleurs, » que très souvent il lui fait des emprunts, et qu'il se paye, en le copiant, du soin de l'avoir édité.
Villon a la qualité suprême : il a la mesure, le goût ; il sait n'exprimer de ses sentiments que ceux qui lui sont communs avec tout le monde , et garder pour lui ce qui n'est propre qu'à lui. Enfant du peuple, né dans la pauvreté, poussé au désordre par le besoin, toujours dans quelque extrémité fâcheuse, il ne laisse voir de sa vie que ce qui la rend intéressante pour tous. Sous les haillons de sa condition, on voit percer les ailes du poète. Villon n'a pas su quelle destinée auraient ses vers> mais il semble qu'il ait eu la modestie de la gloire qui l'attendait.