‹ Histoire de la littérature française (volume 5)Chapitre 5 sur 71 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

nés , et leur témoigner ma déférence reconnaissante par de nouveaux efforts pour les persuader.

Sauf une addition de quelque étendue , les changements ne portent que sur le détail du style. Je les aurais voulus plus nombreux encore. Je crois, avec Voltaire, que qui ne sait pas se corriger ne sait pas écrire. On a imaginé dans ces derniers temps une autre doctrine : Un auteur, dit-on, se corrige en faisant de nouveaux livres. Se corriger de cette façon n'est pas donné à tout le monde. En tout cas, rendre meilleurs les anciens ne gâte pas les nouveaux ; et Voltaire en est un illustre exemple. Sur ce point donc, je m'en rappporte à lui.

Il est vrai qu'il ne faut rien outrer. On peut, quoique auteur, finir par prendre en dégoût une œuvre trop souvent retouchée; on peut l'énerver à force de la polir. A toujours baiser le marbre, on l'use. Mais entre la correction qui met en relief, et la polis sure qui efface, il y a un milieu, et, pour qu'un auteur s'y tienne, on peut compter sur ce qui persiste de sa tendresse pour son œuvre primitive jusque dans la sévérité de ses retouches.

Mai 1868.

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