LAFENESTRE
« — Mer, j'entends dans la voix tous les bruits humains : la plainte du doute et les sanglots du désespoir, le fracas et le hurlement des batailles, le chant des enfants et les pleurs des mères, le roulement des chars dans la cité, le babil des nids dans les bois.
« La terre en qui je bois ma force Me mêle à ses gaîtés autant qu'à ses douleurs.
Comme l'arbuste à frêle écorce Qui vit de sa rosée et porte ses couleurs.
En toi, par toi, monde admirable, Je vis mêlant ma force à ton activité.
Je suis ta course infatigable, Sans peur comme l'enfant par sa mère emporté. »
Le poêle laisse trop rarement
'< Épanouir vers Dieu son âme en fleurs '. »
Prosterné devant la création sans remonter au Créateur, il dessine et sculpte tout ce qu'elle offre à ses regards, souvent sans ordre et sans choix. Il oublie parfois que la poésie est le sens du grand et du beau, que son but doit toujours être de s'élever, et que tenter de la faire descendre à un réalisme malsain, c'est travailler à la décadence de l'art comme à l'abaissement des âmes.
Plusieurs poésies des Idylles et Chansons: Sur les Alpes, En marche, le Poète, Fanfare, surtout l'Ébauche, suffiraient à classer G. Lafenestre parmi les vrais lyriques.
1 La Retraite.