JEAN DE SCHEI^ANDRE
point d'originalité, uno régularité extérieure froide jusqu'à glacer, ua goût faussé, une révoltante ignorance des convenances, à chaque instant des grossièretés bien capables de choquer ceux mômes qui comprennent le mieux que le respect du langage consiste plus dans le sens des paroles que dans leur euphémisme ^ ; un style pitoyable de négligence, fatigant de recherche, d'obscurité, de phrases embarrassées d'incises multipliées à l'infini et enchevêtrées en tous sens comme la plus mauvaise prose d'alors. Et cette médiocrité se sent davantage à mesure qu'on approche du dix-septième siècle. Rien d'aussi faible que la poésie des vingt-cinq dernières années du seizième siècle, ce qui faisait dire au cardinal Duperron : « Je crois que la langue françoise est parvenue à sa perfection, parce qu'elle commence à décliner; tous ceux qui escrivent aujourd'huy ne font rien qui vaille, ils sont tous niais, ou fanatiques. »
1 La licence du théâtre fut portée à un tel point que l'autorité royale dut intervenir. L'article 80 de l'édit de Blois, publié par Henri III au mois de mai 1579, portait :
« Defïendons aux Supérieurs, Senieurs, Principaux et Regens, de faire, et permettre aux escoliers, ne autres quelconques, joUer farces, tragédies, comédies, fables, satyres, scènes, ne autres jeux en latin ou françois, contenans lascivetez, injures, invectives, conviées, ne aucun scandale contre aucun estât, ou personne pubiicque ou privée, sur peine de prison et punition corporelle, et de respondre aux réparations, tant honorables que profitables, à nos procureurs généraux, ou leurs substituts et parties privées, qui se sentiront injuriées et scandalisées. »