‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 166 sur 504 · I. I.\ FORME m: DRAME CORNÉLIEN · texte numérisé non relu

I. I.\ FORME m: DRAME CORNÉLIEN

Le principe fondamental du théâtre de Corneille, c'est la vérité, la ressemblance avec la vie. Il a tâtonné d'abord, s'étanc formé

neille qui sont antérieurs à 186?, Marly-Laveaux, l. XII, p, 5I7-5fi7. — Dppiiis 1862: E. Pi(!Ol, Bibhoijrnphie Cornélienne, 1876 {Additions, par Le Verdier et Polay, ISi'S); Brunetiére, li>s ICpoifites du théâtre français, X" tt 2' Coiif., 1892; BouqiuU. Points obscurs et now'fauK de la vie de Corneille, 18S8; Leniailre, Impressions de théâtre, t I, 111 et V, G. Laason, Corneille (Coll. des Grands écrivains), 1898.

4rîri LA PREMIERE GÉNÉRATION DES ORANDS CLASSIOl'Eîî.

dans un temps où nul ne songeait à diriger l'œuvre dramatique vers celle lin : il a poussé sa t'anlaisie dans Ions les sens : vers l'extravagance galante avec MiHitc, vers Vimbrofjlio romanesque avec Clitinulre, vers la rhétorique raflinée avec iJM/t'e, vers la bouffonnerie copieuse avec rilliision comique. Mais, dès ces premiers temps, il avait créé à son usage une forme de comédie, sobre, sérieuse, vraie, sur laquelle nous reviendrons. Puis il créa la tragédie vraie, à laquelle il se tint. ILaccepUiJes unitOi, qui n'étaient pas encore établies quand il débulait, | arce (|u"elles étaient une méthode utile pour l'e.xposilion dramalirpie de la vérité morale. On s'est parfois singuliérenienf trompé sur l'attitude de Corneille il l'égard des fameuses rcgles : on a jdaint trop facilement ce grand gi'-nie ligotté par de pédantesques lois, fet se débattant en vain contre leur fatale contrainte. En fait, (iorneille ne conteste pas du tout le principe des unités. Il chicane les formules absolues des critiques éiudits.qui concèdent \'«ngt-qualre heures, et en refusent trente, qui reconnaissent ïwiHé d'uu'^ialais, plutôt que Vunité ^ d'une ville. Pour lui, il a sur les unités lo. sentiment qui est celui du public, et qui les a établies : elles sont l'expression de « la raison naturelle »; elles donnent la vraisemblance, et un air d<' réalité au poème dramatique. Aussi faut-il les prendre moins comme des formules lixes de valeur constante, que comme des formules élastiques, de valeur variable, qui indi(|uent un idéal à poiîrs^iiîire. « La représentation dure deux heures, et ressemblerait parfaitement, si laction qu'elle représente n'en demandait pas davantage pour sa réalité. Ainsi ne nous arrêtons point ni au.x i 'douze ni aux vingt-quatre heures, mais resserrons l'action du ' poème dans la moindre durée qu'il nous sera possible, afln^que sa représentation ressemble mieux et soit plus parfaite*. » Et pareillement pour le lieu. En d'autres termes, imité de lieu, imitt' de ternps, signilie pour C.orueille miniminn de variation dons le lieu, Uiinimum de durée dans le tf^mps, donc mcuitham y\e vraisemblance ; mais la quantité jiiiaiiiia de temps ou d'espa'ce n'est pas absolue, elle est relative, et se détermine par la constitution particulière de chaque sujet, (.hi^ind on a «lonné au sujet toute la concentration (pie ses propriétés essentielles rendent possible, on a atteint Viinilé de ce sujet (ît le m<iximwn de vraisemblance.

Si maintenant Cciineillea souvent besoin de prendre plus que la

fiiininle des doctes n'accorde, ^il n'arrive guère à faire coïncider

> dans le temps et l'espace l'action réelle et la représentation de

( l'action, tandis que Racine n'a jamais subi la gène des règles^la

I raison |)rinci|iale en est que les passjons se manifestent tout entières

Page 1