‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 173 sur 504 · Alrionée (1640), .9céyo/e · texte numérisé non relu

Alrionée (1640), .9céyo/e

2. Éditions: TliéA(re. éd. E. Girard, 1304-1907. A consulter: N -M Beinaniin f'n précursfur de liacme, Tristan l'Hnrmite, in-S. ISPô. /^g Page (bsyiacie eU Au g. Dielricb, 1898.

444 LA PRKMIÈRK CÉNÉRATION PKS r.RANDS CLASSIQUES.

et dans un Osman (impr. 1G56), a lire des effets tout à fait saisissants et |>oiir ainsi diro romanliquos, de la juxtaposition, rnc'Mne de la fusion d'une faniiliarilé |tilton'S(iue avec ralrocilé tragiijue : il a l'iniaKinalion exulx-rante et déréglée, outrant la force et tombant parfois dans le ridicule et le puéril.

Hotrou ' est à lire, même après Corneille. D'abord égaré dans les txlravagances tragi-comiques, il s'est assa^'i *, mûri, élevé, grâce surtout aux exemples que lui fournissait son grand rival. Sninl- (icncsl (1040) et Vcnccslas (1047) sont deux belles choses : Saint- Ocncst'-^ avec son mélange de scènes familières et de scènes palliétiques, peinture du monde du lliéâtre et de l'héroïsme chrétien, a des pallies qui continuent dignement Polyeucte. Vcnceslas * est une forte étude d'une ftme violente, qui arrive à la générosité par la volonté : ce vieux roi Venceskis qui condamne son fils par justice, et ce fds qui accepte sa juste condamnation, font une situation vraiment cornélienne. De Corneille, sans doute, il a appiis à imiter librement, a marquer d'une conception orig;inale les sujets qu'il n'inventait pas, à dégager les études d'Ames et de passions (}ue la pittoresque comédie des Espagnols envelojjpail. Saint'Genoit est à Uolrou comme le Cid a. Corneille; la crise morale de Ladislas est a lui, dans Vcnceslas; et dans Lnmr jjjcrucculcc, il a tiré d'une sèche indication de l'original un des plus beaux développements d'exallalion sentimentale qu'il y ail au lliéàlre.

î. Jean Rolron, né à Dreux on 1609, n'avait pas vinRl ans quand il composa s»

piTinii'i-e œuvre, l'Hypocondriaque; il dil eu 1031 avoir fait déjà trente pièces. Il

succéda sans doute à Hardy comme poète de l'ilolol de Bourgogne. Puis il fut un

des cinq ailleurs de Richelieu. 11 trouva un prolcnleur dans le comte do Belin, un

sfij^nour très passionné i)our le théAtre. 11 eut quelques relations avec l'Hôtel de

Hanihonillel. En 16;V,), il devint lieutenant au bailliage de Dreux : il mourut en lt)50,

d'une maladie épidémique qui ravageait la ville. Dans sa fin, comme dans sa vie,

presque tout ce qu'on raconte est légendaire : il n'y a de réel que son courage cl

son dévouement en fane du dauber. „„ ,„ . ,. , e- ■ /

Édition • VioUcl-lc-Duc, 5 vol. in-8, 1S50-22. - A consulter : Jarry, Fssai sur Ir.t

,rrrs ilrmiuiliques de Jrnn Ao/roù. in -S, 18(58. l'erson. Histoire du r>h-itable Sainl-

nesf Histoire du V'-itce.ilas de Jtotrou, iii-S, Paris, l.*<Sv?. H. Chardcn, In Vie d>:

i'utroù mieux connue. ,n-S. Paris. ISSl. L. Curnicr, /itude sur Jean /Infou, inS.

u,.ri« I^St Stietel l'id,el;aiinte ilalieuische (Juetlen J. de Hotrous, Oppeln, ISiM,

1 un:*, !.• ^TJ. " • , . r 1 r> •- ,1 ..-..l. n?„;.».. D«.K» iOQt ;.. Q

s quatorze dernières années de sa vie (16:^7-1650). 3 Tné de Lope de Vega, /m finqido verdadero, et du P I,. Cellol, jésuite, Sanc'.vs Ad'rianus, martyr. - Uotmu doit aussi Cosroès au V. Cellot. 4. Tiré da Uojas. No hay seruadre «if/irfo reij.

Mais Rotrou est resté lui-même, en recevant les leçons d'un plus graud que lui. Il a gardé ses défauts, son insouciante improvisation, ses négligences, mais ses qualités aussi, une imagination et une sensibilité lyriques, qui, dans certaines scènes pittoresques ou mélancoliques, donnent une saveur tout à fait originale à ses pièces. Dans quelques parties de ses deux chefs-d'œuvre tragiques et dans quelques endroits de ses meilleures tragi-comédies, comme Don Bernard de Cabrère (1G48) ou Laure persécutée (1G37) i, il nous fait penser à Shakespeare : il est le seul en son siècle de qui on puisse le dire.

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