LLi
ral)!o (légénéresconce tle l'éloquence religieuse trouve son. ex pression parfaite dans l'abbé Maury, le plus lleuni, le plus harmotiieux, le plus froid, le |)lus vide et le moins sincère des orateurs que, par habitude, on conliiiue d'appeler chrétiens : Maury est à Bossuet ri> >]\u' l'ontunes est à Ha.-ine.
t. LES PROTESTANTS.
Je n'ai paiio, dans lo rliaiilre, que de la prédication catholique. Après Calvin, Bèze et Viret, les protestants ont continué d'avoir de bons, d'utiles prédicateurs' : dans la première partie du siècle, Dumoulin, Le Faucheur, Mestrezat, Daillé, Dalincourl; à l'époque de la Révocation, Claude, Du Bosc, Superville. Mais, en f,'énéral, les prolestants méprisent l'art et s'en défient. Puis ils sont logiciens, controversistes, plutôt qu'orateurs; la théologie déborde dans leurs discours en arides dissertations, en polémiques ardues.
Le grand oraleur du calvinisme est Jacques Saurin, qui, con- .sacré pasteur en 1700, prêcha en Angleterre et en Hollande. 11 se lit une immense réputation. 11 voulut être éloquent, et il l'a été souvent. Profitant des exemples des prédicateurs catholiques, et surtout de ccu.x de Bossuet, il renonça au.x explications dogmatiques de textes suivis pas à pas, et détaillés phrase par phrase. Il construisit ses sermons sur une seule idée, dont il développait les divers aspects. Théologien solide, discutant et démontrant le dogme avec érudition, il s'étendait surtout sur la morale; lin et pé-nétrant dans ses analyses, rude, tendre, pressant dans ses exhortations. Son discours est logique, serré, clair, un peu trop orné de littérature profane, de réminiscences historiques et mythologiques, nourri de philosophie. Saurin s'étudie et réussit à être pathétique. La sincérité de son zèle et de sa charité unit, fond tous ces éléments, et maintient la simplicité dans cette éloquence (juc l'on sent un peu lourdement voulue. Le style reste terne et j)àteux, parfois négligé et inexact : moins vif, moins spirituel, moins coloré ou bn'dant que l'idée. En somme, Saurin fait honneur il l'Eglise française de Hollande.
I. A consulter : A. Vinet, Histoire de la pri'dication parmi les réformés de Frnnrfi au wii" su-.cte, Paris, iii-8, 1860. E.-A. BcrlUaull, J. Saurin et la prédication protestante- l'i.ris in-8, 1.S75.
LIVIIK IV