DIVISION m: xvm" siècle
Le xviii» siècle n'ost pas uniforme dans son dévclopperncnl. Il se divisi- nalurellenient en dt-ux périodrs (17i;i-17o(i; i7."»0-l789). Dans la pionnère s'afiirnie l'insensibilité eslhéUqno de l'esprit pliilosopliifiiie, mais s'épanouit en même temps cet art spécial, unique, qui trouve en Marivaux sa perfection. Dans la seconde se réveillent les facultés oratoires, précédant les facultés poétiques : nous avons vu, au xvir' siècle, le lyrisme se résoudre en éloquence; on refait le même chemin en sens inverse. Des impulsiorjs sentimentales, des besoins Imaginatifs commencent à troubler les opérations de la lucide et froide intelligence. Des réalités, des morceaux de nature entrent dans l'esprit^lii^^homme; des images, des sensations s'infiltrent dans la littérature. ,
l.a première période, où dominent Montesquieu et Voltaire, où les purs littérateurs, à peine marqués ou imprégnés à leur insu de iesprit (lu siècle, brillent assez nombreux, cette période nous présente une criticpie encore modérée des institutions établies et des croyances du passé. Dans la seconde, avec Diderot, avec Rousseau, avec Voltaire, (jni force le pas pour rester à la tête du mouvement, l'attaque devient plus violente et plus générale. Toutes les forcesrévolutionnaires — les forces intellectuelles, s'entend — entrent en ligne, et la victoire est complète. L'ancien régime finit en idylle, dans la persuasion où est toute cette société, que rien ne résiste ]ilus à la raison : la diffusion des lumières est accomplie; le règne de la vérité et de la justice va venir. '