‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 27 sur 504 · Siège de Narbonne · texte numérisé non relu

Siège de Narbonne

qui. au temps moine où s'org.iuisail la f,'randeur sévère du Holand, laisaieut déjà du i)ot'me la parodie inconscienle et bouflouiie de l'épopée. 11 arriva, à la longue, que la nobies!<e se détacha de celle poésie nalionalo, créée à son image, qu'elle préféra d'autres poèmes, d'autres genres, d'autres amusements. Elle se mit à lire, et n'avaul |)lus besoin des jongleurs, elle donna leur place auprès d'elle aux hérauts, détenteurs de la science du blason, rédacteurs de chroniques, ordonnateurs de jeux et de pompes. L'art des jongleurs ne s'exerça que pour l'amusenienl des petites gens.

On vit alors, pour celte clientèle nouvelle, les barons accablés, protégés, éclipsés surtout par de petits nobles de campagne, par de bons bourgeois, par des vilains même : lidicules d'aspect par tradition, membrus, velus, trapus, larges d'épaules, courts de jambes, ayant sourcils broussailleux et mains énoirnes, les paysans sont vaillants, généreux, sublimes, et leur vertu caresse l'orgueil des loules que leur extérieur a gagnées. Cest le vavasseur Gautier, coillé de son vieux chapeau, armé de sa lourde massue, monté sur sa jument à tous crins, qui, avec ses sept fils chevauchant des chevaux de charrue, s'en va dél'entlre son seigneur Gaydou ' C'est le paysan Varocher^, garde du corps et champion de la reine Blanchelleur; c'est Simon le voyer, qui recueille la reine Berthe dans sa chaumière^. Si le vilain est le cavalier servant des reines calomniées, au bourgeois appartient la paternité putative ou réelle des preux. L'auditoire rit de bon cœur (juand d'iionnétcs marchands enseignent le commerce à un Vivien, à un Hervis *, les mettent à la vente, les envoient aux foires, étonnés de leurs répugnances, scandalisés de leurs bévues, comme d'honnêtes poules qui voudraient instruire déjeunes faucons à picorer sur un pailler. 11 rit quand les jeunes apprentis, sentant bouillir leurs instincts de largesse et de bataille, rentrent à la maison sans mar-chandises, sans argent, montés sur quelque desti-ier foui'bu, une vieille cuirasse au dos, un noble épervier sur le poing.

Dans tout c^Ia les types épiques deviennent ce qu'ils peuvent. Ils |ierdent torrle dignité, toute gr-andeur, toute léalité, toute consistance aussi.

Chaque type se résout on plusieurs figures de fantaisie, graves ou ridicules, orrtrées de sublimilo ou de bassesse, selon l'utilité particulière de chaque sujet. Ici Charlemagne, le grand empereur à la barbe fleurie, idéal exemplaire de la royauté chrétienne, à qui

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