Enfances Vivien — hervia de Metz
Dieu envoie son esprit et ses anges, Charlemagne s'associe ;\ nn voleur, et s'en va couper les bourses avec lui; ailleurs le sage empereur devient un « vieillard qui est tout assolé* ». Et « l'autre soleil » de ce monde, le pape, n'est pas mieux traité • ne le voit-ou pas, pour engager Guillaume d'Orange à son service, lui promettre, entre autres dons, de lui laisser épouser autant de l'emmes qu'il voudra-? Le type du héros s'abaissera encore plus bas qu'on ne saurait dire : après les deux types vraiment épiques, après le preux défenseur de la France ou de la foi, après le violent batailleur qui garde ou gagne des fiefs, on aura les types romanesques, le féroce baron, l'extravagant chevalier, tous les deux aimés des dames, et l'on aboutira au soudard; le mauvais sujet, casseur de cœurs, bâtard et semeur de bâtards, vulgaire, jovial, et surtout fort comme Hercule ou Porthos. délices du populaire par le sans-façon de ses manières et parce qu'il dit son fait à la noblesse, c'est Baudoin de Sebourc ^, dernier et indigne rejeton de la lignée de Roland.
Mais à quoi bon insister? Quelle idée prendrait- on de notre tragédie, si, mettani toutes les œuvres sur le même plan, on rassemblait ïfpltigénie en Aulhlc de Racine, VljJiiij^'nic en Tauride de Guimond de la Touche, VAtrée de Crébillon et les Erinnijes de M. Leconte de Lisle, dans un cycle des Atrides, ou si l'on flanquait dans une geste de Rome le Cinna de Corneille d'une Mort de César de Scudéry ou d'un Triumvirat de Voltaire? Les cycles sont en grande partie factices : la critique littéraire doit briser ces cadres, où la médiocrité pullulante cache les chefs-d'œuvre. Quand tout était à exhumer, tout devait être examiné : mais aujourd'hui le but doit être de laisser doucement redescendre les neuf dixièmes des chansons de geste dans le bienfaisant oubli qui a reçu les neuf dixièmes ^des tragédies. Tout l'ennuyeux et tout l'extravagant doit périr à nouveau : ce qui mérite de vivre en sera plus au large, et la Chanson de Roland, deux ou trois autres poèmes, une douzaine d'épisodes discrètement détachés d'une centaine de poèmes* n'ont qu'à gagner à représenter seuls l'épopée française, qui y gagnera encore plus.