CHAPITRE I
1. Destruction de la société polie. Médiocrité de la littérature révolutionnaire. -- 2. Expansion et puissance du journalisme. Le journalisme révolutionnaire : Camille Desmoulins.
L'époque où nous arrivons est une époque de transition ; on peut hésiter si l'on doit la rattacher au passé ou à l'avenir. La littérature de la Révolution et de l'Empire appartient au xviii' siècle, par toutes ses basses œuvres : par tout ce qu'elle a de considérable, c'est le xix" siècle qui s'ouvre. J'ai donc dû rattacher cette période plutôt à la littérature contemporaine.
La production littéraire fut alors abondante ^. A parler en général, elle n'a jamais été plus insignifiante, de forme plus vulgaire ou
1. A consulter : Hupo P. Thieme, La littérature françane au XIX' siècle, bibliographie. Paris et Leipzig, 1908.
•2. A consulter : Th. Muret, VHistoire par le théâtre, 3 vol. 1865 (t. 1). H. Welschineer, te Théâtre de La Révolution, ISSl; la Censure sous le I*' Empire, 1886 G. Merlet, Tableau de la littérature française de 1800 à ISI&, 3 vol., 1883. Potez, Bertrand, ouvr. cités.
plus factice, plus médiocro ou plus fausse de pensée. Écartons donc toute ceitc niasse d'écriture inutile, qui n'ajoute «ju'un poids mort à notre littérature. Venons à l'essentiel : cette période nous présente trois faits considérables (pii intéressent la littérature : la destruction de la société polie, le développement du journalisme, lepanouissement de l'éloquence politique. Elle nous offre trois grands noms : Mirabeau, Mme de Staël, Chateaubriand.