‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 353 sur 504 · Lettre du 12 sept. ISOl. Touta la lettre est. à 'ife · texte numérisé non relu

Lettre du 12 sept. ISOl. Touta la lettre est. à 'ife

sur une équivoque et un malen tendu; il fondait la croyance sur des émotions do poète et d'artiste, et triomphait par un prestige qui éblouissait les esprits. De là ce qu'a eu de superficiel, de peu durable, d'insincère chez les uns, et d'un peu puéril chez les autres, le nouveau christianisme dont Chateaubriand a été l'apôtre. Il devait forcément tourner en cérémonie de bon Ion ou en dilettantisme indifférent. Un siècle a passé, et, même dans le christianisme, surtout dans le christianisme, le chef-d'œuvre de Chateaubriand ne compte plus.

Il compte dans la littérature par deu.x titres considérables. Les tableaux d'abord. Tous ces chapitres d'une misérable argumentation sont les impressions d'un grand artiste. Paysages de liretagne ou du Nouveau Monde, scènes maritimes, scènes religieuses, il y a là toute ime suite de tableaux par lesquels le livre vivra, en dépit des idées *. Mais nous y reviendrons.

En second lieu, une poétique nouvelle apparaît dans le Génie du Christianisme 2. Ce n'est pas que les idées littéraires de Chateaubriand valent beaucoup mieux que ses idées philosophiques. Il y a parlois d'étranges méprises dans les jugements qu'il porte sur les œuvres. Tout ce qui a été lait depuis Jésus-Christ dans la littérature et les arts est chrétien, œuvre du principe chrétien, et preuve de la vérité chrétienne. 11 reconnaît des chrétiennes dans î'Andromaque et dans Tlphigénie de Racine. Mais, la part faite aux erreurs de goût et de logique, il reste assez de vues originales et fécondes dans ces deux parties du Génie du Chrislianisme, pour faire du livre une date dans l'histoire de la critique et des doctrines esthétiques.

Tirer la conclusion définitive de la querelle des anciens et des modernes, montrer qu'à l'art moderne il faut une inspiration moderne (Chateaubriand disait chrétienne), ne pas mépriser l'antiquité, mais, en dehors d'elle, reconnaître les beautés des littératures italienne, anglaise, allemande, écarter les ancieimes règles qui ne sont plus que mécanisme et chicane, et juger des œuvres par la vérité de l'expression et l'intensité de limpression, mettre le christianisme à sa place comme une riche source de poésie et de pittoresque, et détruire le préjugé classique que Boileau a (uusacré avec le christianisme, rétablir le moyen âge, l'art gothique, l'histoire de France, classer la Bible parmi les chefsd'œuvre littéraires de l'humanité, rejeter la mythologie comme ntpetissant la nature, et découvrir une nature plus grande, plus pathétique, plus belle, dans cette immensité débarrassée des petites

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