‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 378 sur 504 · l'réface de 182G · texte numérisé non relu

l'réface de 182G

3. L. Thiessé, Mercure du XIX' siècle, 1826 (cilé par Dorison, of. p. 953, n. i). — J. Lefèvre-Deumier (1797-1857) se plaça aux côtés de Vigny et de Hugo par le recueil

9'i0 l'époque romantique.

A côté de Victor llu^'o, se plaçaient Deschamps et Sainte-Beuve,

Deschainps ' , romantique de la première heure, essayait de concilier le principe de I originalité personnelle, et celui de l'imitation des Espagnols, Allemands et Anglais. Il insistait sur la nécessité de faire du nouveau, en cultivant les genres où les classiques étaient restés inférieurs, l'épique surtout et le lyrique. Il afiirmait que la raison d'être, l'essence du romantisme, c'était d'être la podsic, dont la littérature française s'était déshabituée au siècle précédent. Il dévelojipait enlin l'importance de la technique.

Sainte-Beuve, venu au romantisme en 1827, s'attachait à deux idées principalement dans son Tableau de la [tocsie au xyi^ siècle^ et dans ses Pens'ks de Joseph Dclorme^. Il s'efforçait de légitimer le romantisme, en lui donnant une tradition et des ancêtres: Chénier, depuis i84 9, était trouvé ; Sainte-Beuve exhuma le xvi<= siècle; entre Régnier et Chénier, il enserrait Tàge classique, qui avait interrompu le développement spontané du génie français. En outre, Sainte-Beuve s'appliquait à faire du romantisme une révolution surtout artistique : depuis Chénier, on avait « retrempé le vers flasque du xvni"-' siècle ». Et ici, il avait de la peine à faire rentrer Lamartine dans le cadre où il enfermait la poésie contemporaine. Mais il n'en restait pas moin^ dans sa doctrine une grande part de vérité : surtout prise comme conseil et leçon, elle était excellente.

Contre ces romantiques, bataillaient les critiques de l'école classique. Un seul doit nous arrêter : Désiré Nisard*, qui donna, en . 1833, son violent manifeste contre la littérature facile, où il prenait' à partie la brutalité convenue des romans, et le pittoresque plaqué des drames. L'Histoire de la Littérature f7ançaise », que Msard publia de 1844 à 18'f9, est d'un bout à l'autre une réponse aux théories romantiques. C'est une œuvre de combat, venue après la défaite : œuvre d'un esprit vigoureux et pénétrant, mais systématique, partial, fermé à tout ce qife son parti pris ne l'autorise à comi>rendre, juge délicat des œuvres qu'il se reconnaît le droit d'admirer. Sur un point, Msard convient avec ses adversaires : il, fait la guerre au xviii^ siècle. Mais c'est l'individualité qu'il y pour-.

qui contenait le poème du Parricide (1893) : bel exemple du naufraf^ complet d'une i;riincle réputation littéraire.

1. Muse française : Sur les romances du Cid (1823); la Guerre en temps de paix (1821;. Préface des Études françaises et étrangères (1828). Sur la nécessité d'une prosodie.

4. 1). NisarH (1806-1881) écrivit aux Di'hats et au National, profcsiia au Collège de France et a la Sorbonue, et fut, de 18'>1 à \S<'>1, directeur de l'École normale supérieure. Il avait d'abord été favorable à V. Hugo.

b. 13* éd., 4 vol. in-18, 1886, Didol. — Le 4< volume a été ajouté en 1861.

suit ; et s'il sent la perfection artistique de la forme chez les écrivains du xvii<^ siècle, il réduit la littérature à l'analyse psychologique et au discours moral. Il entend la poésie de telle façon qu'il en élimine l'élément poétique. Cette forte histoire est la démonstration historique d'un dogme : ce qui y manque le plus, c'est le sens historique.

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