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ROMAN HISTORIQUE : V. HDGO

Le rqnian his torique n'avait jamais été tenté chez nous : je ne puis appeler de ce nom les contrefaçons de l'histoire, les simples falsifications de faits que l'on avait parfois essayées '. Avec les romantiques, l'intérêt passe des faits aux mœurs, à la couleur : de récit apocryphe le roman historique devient ou prétend devenir peinture exacte, évocation : c'est l'éveil du sens historique.

Les restitutions de mœurs lointaines et de civilisations disparues faisaient souvent éclater l'étroitesse de la forme dramatique : nos romantiques se trouvèrent plus à l'aise dans la forme indéterminée du roman, qui se resserrait ou s'étendait selon la matière ou la fantaisie. Ils furent d'autant plus ardents à se porter vers ce genre que W. Scott venait de lui donner en Angleterre un incomparable éclaf.

Les romans historiques pullulèrent, plus fantastiques souvent qu'historiques, et mêlant les plus excentriques aventures au plus criard bariolage de couleur locale : ce ne sont souvent que de noirs ou extravagants mélodrames, mis en forme narrative. Han d'Islande (1823) est le modèle du genre, où Ton peut classeï aussi quelques-unes des œuvres de jeunesse de Balzac.

Mais entre les mains de quelques grands artistes, le genre s'éleva, et des œuvres puissantes naquirent. Cinq-Mars (1826) a

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