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angoisses et les luttes d'une âme qui s'affranchit et s'épure : Jean Valjean, depuis sa rencontre avec l'évêque, jusqu'au moment où il s'immole pour empêcher un innocent d'être sacrifié, Jean Valjean est un beau caractère idéalisé, qui reste vivant et vrai.
Autour de lui, le poète a groupé une innombrable foule de figures poétiques ou pittoresques, angéliques ou grimaçantes, amusantes ou horribles : la psychologie est courte, souvent nulle; mais ici encore les protils sont puissamment dessinés, les costumes curieusement coloriés. Comme dans Notre-Dame de Paris, les tableaux d'ensemble sont supérieurs à la description des individus : si les amours de Marins et Cosette sont de la plus fade et banale élégie, l'insurrection fournit une large narration épique. Par malheur, le symbolisme prétentieux de l'œuvre y répand souvent une fade ou puérile irréalité. Les individualités s'évanouissent dans l'insubstantielle abstraction des types, et Enjolras, l'idéal insurgé, Javert, l'idéal policier, Jean Valjean, l'idéal racheté, dégradent la pathétique peinture de la barricade.