‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 96 sur 504 · ibi(i., l. W. p. i cl V3, et pussim; l. Ul, p. 1C8. j · texte numérisé non relu

ibi(i., l. W. p. i cl V3, et pussim; l. Ul, p. 1C8. j

.1" Klle iiUcrrompl par l Ih-ptiiim'nni l;i conlimiité de la nouvelle française, railleuse et maligne dos fabliaux à Vollaiie ; elle inaugure le sérieux, la pitié, le tragique.

i° Elle l'interrompt aussi (piaml du conte <lestiné à amuser, elle lait un instrument d'observation, une méthode de description lies passions humaines. Il est visible que dans VHeptcum'ron Tintérét ne va pas surtout ans actions, mais au.\ mobiles, aux anlé cédents intérieurs des actions. Et, la première peut-être, la leine de Navarre a noté,- entre la passion physique, seule connue aux conteurs bourgeois, et la passion intellectuelle, idée des lyriques courtois, une autre passion, qui est la vraie, la pure passion de Tàme, celle des tragédies de Racine '.

li'j Enfin elle a contribué par son idéalisme platonicien à la formation de ce que le xvii'^ siècle appellera Ihonnêle homme : Vlleplaméron est un livre de haute civilité et d'enseignement moral. Ce recueil de mésaventures conjugales, de tragédies galantes et de drôleries autimonastiqucs n'est immoral que selon les convenances de notre siècle : mais ou sait combien les convenances sont chose relative et variable. La bonne reine a pris le ton du jour, conté les récits qui plaisaient : de là" non pas rimmoralité — c'est trop dire, — mais plutôt l'impudeur hardie de VHeptaviéron, et cette mixture qui nous surprend, de dévotion, de gaillardise et de morale. Ce n'est au fond que le livre d'une honnête femme qui veut civiliser les âmes et affiner les mœurs.

On conçoit que, de l'œuvre de Marguerite, Vlleptaméron seul ait vraiment échappé à l'oubli : le xvn'' siècle s'y retrouvait, mondain, dramatique et moral. Les filets de sentiment, et de poésie lyrique ou champêtre, qui jaillissent çà et là dans les vers de la reine de Navarre, l'intéressaient moins. Puis c'était dans ses vers que s'accusait surtout son défaut. Elle manque et de métier et d'art. Son écriture^ comme disent nos jeunes, ne serre pas sa sensation. Elle a des morceaux exquis, qui restent engagés dans une sorte de blocage rapidement appareillé. Dans sa diffusion languissante et son abondance un peu sèche, on retrouve à la fois l'inculture esthétique du moyen âge et la facture lâche de l'amateur. Il était naturel que sa prose fût de meilleure qualité que ses vers : quand il s'agissait de conter et de causer, cette intelligente femme n'avait pas besoin d'être écrivain pour écrire excellemment.

1. Cf. ries traits de co genre : .• Un tout seul pour qui seul j'étais une — me fut ôlé », etc. (IV, 108).

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