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SAI"T LOUIS PORTANT LE MODtLE DE LA SAINTE-CHAPELLE. - Bib!. SainIe- Ceneviève, ms. 782 (XIV. siècle),
LITTfR, FRANÇ. - I
nische Studien. Sur (lies premières compilations françaises d'histoire ancienne II, voir un mémoire de Paul Meyer, au t. XIV (1885) de la Romania,
Nos ancêtres se répétaient avec complaisance que leur mission était de remplacer en ce monde les Grecs et les Romains, Chrétien de Troyes I'avait dit dans Ie prologue de son roman de C1igès; au début des Grandes Chroniques, Primat Ie redit, en ces termes : II En trois regions ont habité Clergie et Chevalerie. En Grece regnerent premierement, car en la cité d'Athenes fu jadis Ie puis de philosophie et en Grece la Rors de chevalerie; de Grece vindrent puis à Rome; de Rome sont en France venues: Dieus par sa grace vuelle que longuement i soient maintenues a la loenge et a la gloire de son nom! II C'est sous I'empire de ceUe idée que furent écrites, en français, au xm e siècle, plusieurs histoires de la Grèce et de Rome, et cela, chose curieuse, à des dates OÙ personne encore n 'avait entrepris d'écrire en français I'histoire de France, Dès Ie début du siècle, un rimeur nommé Calandre dédia au duc Ferry II de Lorraine (1206-1 213) un petit poème, en 7000 octosyllabes, OÙ il avait II enromancié II un abrégé latin d'Orose. Entre 1223 et 1230, un clerc aUaché à la maison de Roger, châtelain de Lille, offrit à ce seigneur une histoire en prose (quelques épisodes sont traités en vers) de I'Antiquité grecque et de l'Antiquité romaine jusqu'à César. Presque dans Ie même temps, un anonyme rédigea en prose Ie Fait des Romains ou Livre de César, ouvrage dont de très nombreuses copies nous aUestent Ie succès. Succès mérité, car l'auteur, au lieu de traduire et de compiler, a confronté I'Histoire de Salluste, les Commentaires de César, la Pharsale de Lucain; iI a su discerner en bon critique Ie..
vrais problèmes, peser les témoignages, proposer les meilIeures solutions.
Remarquons, au terme de notre revue, que ces entreprises d'historiographie du xm e siècle obéissent presque toutes à un même rythme, reproduisent la même succession de phénomènes. T oujours on commence par de modestes traductions ou adaptations d'ouvrages latins : mais la plupart de ces travaux conduisent à des compositions plus originales. C'est ainsi que l'Anonyme de Béthune, simple traducteur de vieilles chroniques, se transforme, quand il en vient aux événements de son temps, en un chroniqueur qui compose librement ses récits. De même Ie Ménestrel d'Alphonse de Poitiers. Par là s'accrédite l'idée que I'histoire peut s'écrire directement en français, et qu'elle doit s'écrire en prose plutôt qu'en verso Cest Ie cas des Chroniques de Hainaut, dites de Baudoin d'Avesnes, du nom du seigneur qui, vers I'an 1278, en provoqua la composition: elles furent rédigées d'emblée en langue vulgaire. Cest, à partir du XIV e siècle, Ie cas des Grandes Chroniques de France, Cest aussi Ie cas des Chroniques de Terre sainte, dont nous allons maintenant parler, De là, pour la prose française, un grand accroissement de dignité,
III. - Les historiens et les chroniqueurs des croisades et de l'Orient latin Quand I'historien byzantin Nicétas Choniate, en sa Chronique ornée et Reurie, dépeint les conquérants francs de Constantinople, il les traite avec plus de mépris encore que de haine : il ne voit en eux que II des Barbares contem;>teurs du Beau, II ,!I'j xÚ!I'j :xv:?:X"'!I! ?:iej:l.?!I[. La postérité en peut juger autrement. La RoUe qui appareilla de Venise en 1203 emportait plusieurs poètes raf/inés: Conon de Béthune, Ie Châtelain de Coucy, Hugues de Berzé, Rambaut de Vaqueiras Ie Troubadour. L'un des chefs de la croisade était ce jeune prince leuré, Baudoin IX de Flandre, qui avait fait écrire en prose française une Histoire universelle. Et trois de ses compagnons : Geoffroy de Villehardouin, Robert de Clary, Henri de Valenciennes, devaient nous léguer des relations de la conquête dont la beauté morale et la beauté littéraire eussent grandement surpris Nicétas, leur émule byzantin.
GEOFFROY DE VILLEHARDOUIN * La Chronique de Villehardouin a été imprimée pour la première lois en 1585, par Blaise de Vigenère. L' édWon qu'en a donnée Du Cange (l'Histoire de l'empire de Constantinople, 1657) reste justement célèbre. Les édileurs de Villehardouin au XIX siècle furent dom Brial (1822), Paulin Paris (1838), Buchon (1840), Natalis de Wailly (1871,1872, 1874, 1882), fmile Bouchet (1891).
Voir les études de Daunou (Histoire liuéraire de la Funce, t. XVII, 1832), de Sainte-Beuve (Causeries du lundi, t. IX), d'A/fred jeanroy (Gaston Paris et Alfred jeanroy, Extraits des chroniqueurs français du moyen âge, 1892).