‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 157 sur 402 · I. , r,,,"d'tft .fl1 Jtfl1ldWllftl!amrnlbdllÐt · texte numérisé non relu

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JEAN VAUQUELIN AUX PIEDS DU DUC PHILIPPE LE BON,- Ului offre sa translation en prose d'un roman de chevalerie, Girard de Roussillon (manuscrit 2549 de la Bibliothèque ci-devant impériale de Vienne). On reconnait ici les mêmes p.,rsonnages que dans la miniature que nous publions en hors texte, et particulièrement Ie j.,une Charles Ie T éméraire.

tice quÏI y aurait à ne pas répondre à la Aatteuse épÎtre que lui avait adressée Jean Robertet, secrétaire du duc de Bourbon. Chastellain répondit. Mais que de façons pour présenler l'un à l'autre deux hommes de lettres!

On préférerait volontiers les pièces où les rhétoriqueurs donnent leur avis sur les affaires du temps. Elles sont nombreuses. Plus que leurs devanciers en effet ils sÏntéressent à la politique, et on seraittenté de les en féliciter, car iI y avaitlà une matière presque intacte qui aurait pu donner un corps à leur poésie si peu substantielle. Mais un grand nombre de leurs pièces politiques ne sont que des panégyriques, et les autres dégéIlèrent trop souvent en une prédication banale. On a vu longtemps dans Ie Prince de Chastellain une satire vigoureuse de la politique de Louis XI ; on sait maintenant que cette pièce, dont Ie vrai titre est les Princes, se borne à présenter au lecteur vingtquatre types de mauvais princes et à nous faire prévoir pour chacun d'eux une fin misérable. Personne n'est visé, C'est un sermon. Bizarrerie et banalité, voilà au total -et sauf réussite exceptionnelle ici ou là - ce qui caractérise la poésie des rhétoriqueurs. T outefois chez eux la forme est plus neuve que Ie fond, quoique leurs nouveautés ne soient pas toujours heureuses, tant s'en faut. En premier lieu ils ont apporté la plus grande attention à la facture de leurs veIS et de leurs strophes. et ils ont tenté un nombre vraiment extraordinaire de combinaisons. On en jugera par une énumération des IS tailles )) qui étaient à la mode vers 1180 ou 1190 : II Lignes doublettes, vers sizains. septains, witains, alexandrins et rime batelée, rime brisiée, rime enchayennée, rime a double queue et forme de complainte amoureuse, rondeaulx simples d'une, de deux, de trois. de quatre et de cinq sillabes, rondeaux jumeaux et rondeaux doubles, simples virelais, doubles virelais et respons, fatras simples et fatras doubles, balade commune. balade baladant. balade fatrisie, simple lay, lay renforchiét, chant royal, serventois riqueraque et baguenaude, I' Tel est I'inventaire orgueilleux que dresse Jean Molinet au début de son Art de rhétorique. II dissimule mal la pauvreté réelle de ce magasin de rythmes. Les rhétoriqueurs se sont rarement souciés

dans leurs compositions poétiques d'accommoder la forme au fond. On sent que pour eux telle combinaison de syllabes, de vers ou de rimes vaut par elle-même indépendamment de la matière qu'elle mettra en æuvre. On dirait quïl s'agit avant tout d'enAer d'une nouvelle variété Ie catalogue des formes poétiques. T oute ceUe versification est prétentieuse et factice, On retrouve la même prétention dans leur style. 115 recherchentles périodes arrondies et les phrases grandiloquentes. En prose, cet effort n'a pas toujours échoué: nous Ie savons par la Chronique de Chastellain. En poésie, la tentative était plus risquée : il n'est pas très commode de traiter Ie sujet de la Belle Dame sans merd dans Ie style du Quadrilogue invectif. Aussi l'emphase est fréquente dans les poésies de I'école bourguignonne, et l'on voit ici Ie véritable secret de ce nom de II rhétoriqueurs n. Ce sont des gens qui enAenl volontiers la voix. C'est qu'ils veulent qu'elle porte loin. lis entendent s'adresser à un large public. Et là nous touchons peutêtre au côté Ie plus original de celie école si peu attrayante pour nous. Les rhétoriqueurs. qui ont été des artistes malhabiles.ont cm à leur art. Mieux que cela. ils ont cru à la mission du poète; et, chose plus difficile, ils ont amené leurs contemporains à y croire. Chastellain, Ie grand Georges, a dominé son époque. Alain Chartier avait eu de son temps une immense réputation. mais elle n'allait qu'au poète ingénieux. en particulier à I'auteur de la Belle Dame sans merd. Du fond de sa retraite de Valenciennes. Chastellain, chevalier, II indiciaire )) de la maison de Bourgogne, admiré de la France entière, exerce une sorte de magistère intellectuel. Autour de lui se groupent les rhétoriqueurs, conscients de cette puissance nouvelle qui est en train de naÎtre, Le duché de Bretagne. Ie royaume de France sont gagnés à leur tour, et bientôt ils auront leurs représentants dans celie phalange d'hommes de leUres, fière de sa science et de son prestige: Jean Meschinot, Octavien de Saint-Gelais, Guillaume Cretin, Jean l\1arot, Jean d'Auton, II y a là, dès la fin du xv e siècle. comme une première Pléiade qui, par son souci, même puéril, de la technique et surtout par Ie vif sentiment qu'elle a eu de la dignité de I'art, a, dans une me5Ure lointaine sans doute mais appréciable, préparé les voies à Ronsard et à son école. Le dernier des grands rhétoriqueurs et Ie plus moderne. Jean Lemaire de Belges. sera salué par les hommes de 1550 comme un précurseur.

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