‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 158 sur 402 · LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE

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LE ROL"'ND DE BRÊME. LE ROL...ND DE H...LLE-SUR-S......LE. En maintes villes d'Allemagne, une statue de Roland, dressée sur la place du marché, symbolise la Justice.

VIII. - CONCLUSION SUR LES LETTRES FRANCAISES AU MOYEN AGE : LEUR INFLUENCE SUR LA LITTÉRATURE DES AUT RES NATIONS

C HASTELLAIN ETCOMMINES sont, à des titres divers,les derniers grands noms de la littérature française du moyen âge. Déjà, par certaines caractéristiques de leurs æuvres, ils annoncent la Renaissance. LÏmitation, toujours plus approfondie, de rAntiquité va orienter notre littérature dans des voies nouvelles, OÙ I'Italie nous a précédés et nous guidera longtemps. Jadis, c'est I1talie qui s'était mise à notre école. Ce renversement des rôles nous invite à ajouter à notre description de la liuérature française du moyen âge un dernier trait, qui n'est pas Ie moins significatif: son caractère d'universalité. Cette liuérature a été connue, admirée. imitée par la plupart des nations de rEurope. Du reste. les étrangers n'ont pas distingué entre la France du Nord et celie du Midi: ils ont bien vu que, sous des dehors un peu différents et sauf quelques nuances légères, Ie français et Ie provençal exprimaient une même civilisation. II est des cas OÙ cette extension de la culture française au delà des limites de notre pays s'explique tout naturellement par les grands faits de rhistoire. A partir de la conquête, rAngleterre anglo-normande parla français, et elle devait rester longtemps française de cæur et dÏmagination, A la cour de Henri II, comme à celie de Philippe Auguste, on pense, on écrit en français. Le Tristan de Thomas est une æuvre de chez nous, tout autant que I' Erec de Chrétien de T royes, Dès Ie début du xm e siècle,la nouvelle nationalité anglaise est constituée. T outefois Ie français restera la langue de raristocratie, et pour cette élite on composera des æuvres qui ne se distingueront guère des productions françaises contemporaines. Vers la fin du Xltl e siècle, et surtout au siècle suivant, I'anglais reprend Ie dessus, et dès lors on veut retrouver dans les livres Ie langage du pays; on traduit donc,

pour Ie bénéfice d'un cercle plus large de lecteurs, les æuvres françaises quïl devenait de plus en plus difficile de lire dans roriginal, mais qui n'avaient rien perdu de leur séduction. Sous ce costume nouveau, chansons de geste et romans d'aventure vont se maintenir longtemps encore en Angleterre. Même Chaucer, qui, au XIV e siècle, écrit en anglais, emprunte souvent ses sujets à la France: fabliaux, poèmes de Renart, lais bretons, légendes pieuses, il trouve son bien chez ses voisins d'outre-Manche. Son art est très original, mais son inspiration est française.

Dans Ie reste de rEurope et jusqu'en Bohême, en Hongrie, en Grèce, notre littérature a exercé Ie même attrait, sans qu'on puisse expliquer ce prodigieux succès par une extension de notre langue. Sans doute en Italie des troubadours et des jongleurs ont un moment employé Ie provençal; sans doute en Lombardie et en V énétie on a chanté des chansons de geste dans un français italianisé. Mais ce sont les æuvres qui ont imposé la langue, et non pas la langue qui a imposé les æuvres, Encore n'est-ce pas là que se marque la véritable influence de la liuérature française, Dante, Pétrarque sont plus grands que nos troubadours et nos trouvères, mais auraient-ils existé sans eux ? Le Roland de rArioste s'est bien transformé en cours de route, mais il est tout de même Ie Roland de répopée française, Le Cid est un vrai fils d'Espagne, mais les cantares de gesta ne doivent pas seulement leur nom aux chansons de geste de France. En Allemagne, la poésie des Minnesinger s'inspire de celie des troubadours: Walther von der Vogelweide et Heinrich von Veldeke traduisent ou imitent des modèles français.

C' est tout rensemble de notre liuérature qui a ainsi passé à rétranger. Mais les æuvres qui ont trouvé Ie meilleur accueil au dehors sont aussi celles qui sont les plus caractéristiques du génie français. Dès la première moitié du Xll e siècle, r Allemagne traduit Ie Roland, OÙ elle voit surtout un texte religieux; de même, Ie roi de N orvège, Haakon V (1217-1263), fera servir nos chansons de geste à la propagande chrétienne ; en Italie, c'est la variété et rimpJlévu de ces récits épiques qui amusent les auditoires populaires, tandis qu'en Espagne leur grandeur et leur noblesse piquent d'émulation de fiers poètes. La chanson courtoise séduit les imaginations: dans les cours princières de rEspagne et du Portugal, de I1talie et de rAllemagne, l'amour se colore de la teinte qu'il revêt dans la poésie des trouvères et des troubadours, Nos romans d' II aventure II tiennent sous Ie charme tous les milieux cultivés d'Europe : Ie roman d'Eneas est traduit en Allemagne; Ie roman de Tro;e, en Allemagne et en Italie; Eilhart d'Oberg fait pass r Béroul en allemand; Thomas revit en Gottfried de Strasbourg, Chrétien est imité ou traduit en anglais, en gallois, en néerlandais, en allemand, en norvégien. Le Parz;val de Wolfram d' Eschenbach procède de sources françaises.

Les romans en prose de la Table ronde plaisent surtout aux Italiens et aux Espagnols, En Alsace et en Flandre, on s' essaye à Frouper et à ordonner les branches de Renart. Chansons de geste, chansons courtoises, romans en verset en prose, toutesces æuvres, qui d'un bout à rautre de rEurope provoquent un tel enthousiasme, offrent deux traits essentiels en commun.

Elles exaltent les vertus chevaleresques et elles reposent sur une idée religieuse. Le chevalier est Ie vassal de son sei-

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UNE P...GE de I'édition princeps (1532) de I'ouvrage intitulé the Works of Geoffrey Chaucer and others musée Britannigue, R. f. i. 8). On a de fortes raisons d'attribuer à Chaucer cette traduction des 1678 premiers vets du Roman de la Rose.

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