GA
Lti}Jifi: '
(';r.." ''fi'.$ ,'..
.. .. :: . "Ii .. ., ..
.:, :lIJ . . )L, . !l\", :, . 'I' - .... ....,...... 1:41).
, /'II
IIAi{I), 1 \:0j > __" ..,. a i '.
,. .ff:-O.,--;]J.. ,
LE QUARTIER DES ÉCOLES. - Fragment d'un plan de Paris sous Ie règne de Henri II, d'après I'exemplaire de la Bibliothèque de Bâle. On y voit aux alentours de la Sorbonne les plus il\ustres collèges, notamment Ie collège de Coqueret,
son front n'était point fait pour ceUe couronne. Le (( roi chevalier )) était un prince aimable. brillant et léger, né pour la vie mondaine. De haute taille, très fort. très adroit, (( Ie corps de grande beauté, en toute espèce et apparence auguste et royal )), dit un historien du temps, iI se plaisait dans les fêtes de la cour. Sa mise était recherchée: ses portraits nous Ie montrent vêtu de pourpoints brochés d'or ou d'argent. de chemises ornées de dentelles, coiffé de chapeaux de velours, qu'enrichissent plumes et cocardes émaillées. Les Parisiens avaient conservé longtemps Ie souvenir de sa première entrée dans leur ville : (( accoutré de blanc, entoilé d'argent. iI faisait rage sur son cheval)) qui était toujours hors du dais, A ce jeune prince fringant et curieux d'élégances, les romans et la poésie convenaient parfaitement. lis composaient à peu près toute sa bibliothèque de voyage, dont nous avons Ie catalogue. II écrivait en verso composait des rondeaux, des épigrammes, des chansons, et adressait des épÎtres versifiées à sa mère. à sa sæur et à ses maÎtresses, On s'explique qu'il ait protégé Marot et Rabelais. Mais I'humanisme ne devait-il pas Ie rebuter par son austérité ? Son instruction première avait été fort négligée. Un prêtre obscur lui avait enseigné Ie rudiment, Pendant un an seulement, il avait reçu des leçons d'un humaniste fameux par son culte pour Cicéron, Christophe de Longueil. Qu'avait-il retenu de ce court enseignement? On doute qu'iI ait jamais su Ie latin, Un don précieux compensait heureusement ces défauts : c'était une curiosité intelligente et une aptitude à sÏnstruire par la conversation des gens cultivés. II savait les interroger et les écouter. Sa table, dit Brantôme, était (( une vraye escolle. car iI s'y traictait de toutes matières, autant de la guerre que des sciences hautes et basses )). Sans avoir rien étudié méthodiquement. iI acquérait par ces entretiens savants des notions techniques sur les sujets les plus divers. C'est ainsi quïl fut gagné par les plaidoyers de Guillaume Budé à la cause des bonnes lettres, Pour faire passer dans son royaumecette suprématie du savoir dont s'enorgueillissait I1talie, iI seconda les travaux de nos humanistes avec une persévérance méritoire, II prit à cæur la vulgarisation de la liuérature antique. Dès les premières années de son règne, iI fit imprimer, pour I'endoctrinement de sa noblesse, les traductions de Thucydide, de Xénophon, de Diodore de Sicile, d'Eusèbe et d'Appien que Claude de Seyssel
avait laissées manuscrites, II ne cessa d'encourager les travaux des tra, ducteurs par des pensions sur sa cassette, des charges de secrétaire ou de valet de chambre, II commanda lui-même au poète Hugues Salel une traduction d'Homère, et c'est sur ses instances qu'Amyot entreprit de traduire Plutarque. Les traducteurs lui disaient leur reconnaissance en inscrivant son nom en tête de leurs ouvrages ou encore en lui offrant des exemplaires richement enluminés, comme Ie Diodore de Sicile de Macauh. conservé à Chantilly. Grâce au roi François, (( premier de ce nom, et de toutes vertus, philosophes, historiens, médecins, poètes. orateurs grecs et latins ont appris à parler françois II. Cest en ces termes que Joachim du Bellay louait Ie Père des leures d'avoir coopéré à I'illustration de notre langue vulgaire. En même temps, iI s'occupait de mettre à la portée des savants les instruments de travail qui leur manquaient. manuscrits et livres. Sa bibliothèque, qu'il fit transporter de Blois à Fontainebleau. leur était ouverte, II I'enrichit en ordonnant qu'il y fût envoyé un exemplaire de tout ouvrage nouvellement imprimé dans Ie royaume, et c'est là I'origine du (( dépôt légal )). II invita ses ambassadeurs à Venise. qui était alors Ie grand marché de la librairie italienne. à rechercher et à acheter des manuscrits grecs. II confia des missions analogues à des savants français et étrangers.
II fit plus; iI fonda un collège de professeurs chargés particulièrement d'enseigner les langues anciennes: Ie grec, I'hébreu. Ie latin,
Institution du CoIIège de France
) Voir Abel Lefranc, Histoire du Collège de France, 1894. DÈs LE DÉBUT de son règne, François ler avait promis à quelques savants de son entourage de fonder un collège réservé exclusivement à I'enseignement des lettres. II en eût confié la direction à Ërasme, si celui-ci avait consenti à se fixer en France. Les guerres, la captivité, lui avaient fait perdre de vue ce projet, Cependant Guillaume Budé n'y renonçait point. II ne cessait d'adjurer Ie roi de fonder ce (( Musée )). En 1530, François ler répondit à son appel et institua les lecteurs r01)aux, II appointait Pierre Danès et Jacques Toussaint pour enselgner Ie grec, François Vatable et Agathias Guidacerius pour I'hébreu,