JEAN MAROT
; Né à Caen. on ne sait en queUe année. Jean Marot se fixe quelque temps à Cahors, entre au service J'Anne de Bretagne en 1506. en qualité de secrétaire, accompagne Ie roi Louis Xll en Ita lie en 1507 et en 1508, publie des relations versifiées de ces expéditions : Voyage de Gênes. Voyage de Venise, A la mort d'Anne de Bretagne, il obtient d'être couché sur l'état de la maison de François d'Angoulême, 1514, 11 meurt dans la gêne en 1526. - <Euvres de Jean Marot, 1723, - H. Gu:y, Jean Marot (Revue des Pyrénées, 1905).
C'ÉTAIT un excellent homme, qui se recommanda à ses protecteurs par son dévouement et son zèle à les servir. II avoue qu'il n'était pas II clerc )) et iI n'était guère poète. II a su développer des lieux communs, pour ou contre les femmes. par exemple; iI a rimé force vers de circonstance selon les recettes de I'école. Mais iI a passé les Alpes deux fois sans que la civilisation italienne I'ait ému. Au cours du voyage triomphal de Louis XII en Lombardie, iI n'a remarqué que la richess e des costumes et I'éclat des fêtes, Les plus pittoresques de ses descriptions d'ltalie sont quelques tableaux militaires: il a peint avec verve les bandes d'aventuriers normands, picards et gascons que I'appât du gain enrôlait dans nos armées, Plus érudits et plus savants dans la technique du vers étaient un Molinet, disciple de Chastellain; un Guillaume Cretin, II Ie bon Cretin au vers équivoqué II, comme I'appelle Clément Marot; un Jean d'Auton, historiographede Louis XII; un Jean Bouchet, procureur poitevin. qui comptait parmi ses am is Rabelais et Louis de Ronsard, Ie père du poète. lis compilaient les vieilles chroniques et vivaient sur Ie fonds dïdées léguées par Ie moyen âge, Mais ils savaient beaucoup et professaient une respectueuse admiration pour Ie savoir. Par là, ils préparaient les voies à la restitution des bonnes lettres, Quelques-uns même s'en sont faits les auxiliaires, Tel Antoine du Saix, de Bourg-en-Bresse: dans un recueil poétique au titre étrange, I'Esperon de discipline pour inciter humains à bonnes lethes, stimuler à doctrine. animer à science, iI recommande I'étude du grec. Tel encore Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême, qui fit une traduction en vers des Héroïdes et de r Enéide, Tel surtout Jean Lemaire de Belges, qui est à divers égards un vrai poète de la Renaissance.