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JEAN MAROT offrant à Anne de Bretagne sa Relation de la Conquête de Gênes (8. N., fonds français, 5091). - Celte miniature est attribuée à Jean Bourdichon,
Pétrarque, les Pétrarquistes du xv c siècle lui sont familiers. Sa Concorde des deux langages (Ie toscan et Ie français) recommande I'union des deux civilisations. Luimême fait passer dans ses poèmes, sous Ie nom de II tiercet n. la terza rima italienne, strophe de trois vers, dont une rime est reprise dans la strophe suivante.
II s'est heureusement inspiré de certains modèles latins, de Stace et d'Ovide, Son Epitre de I'Amant veri, c'est-à-dire du perroquet défunt de Marguerite d'Autriche, dont I'âme plaintive erre aux Champs f.1, ysées en compagnie de I'oie du Capitole, de la biche de Sertorius, de la louve romaine et d'autres al1imaux lameux, est une æuvre gracieuse et attcndrie, exempte de la pédanterie et des raf/inements de I( Rhétorique II.
En/in, une conception toute païenne de la vie se décèle dans Ie Temple de V énus : I'archiprêtre du sanctuaire, Genius, personnage emprunté au Roman de la Rose, en un long sermon sur Ie texte Ætatis breve ver, invite tout être vivant à céder aux impulsions de I'amour, souverain de la nature. La même inspiration voluptueuse se retrouve dans quelques épisodes des lllustrations de Gaule: les amours de Pâris et <Enone, r II Ostentation I) des trois divines nudités de Pallas, J unon et V énus devant Pâris.
Ouvrage singu\ier, que cette II restauration de nos origines II françaises, entreprise, nous dit Lemaire, pour fournir aux peintures et tapisseries des scènes conformes à la vérité historique! La lignée de nos rois de France yest rattachée à la noblesse troyenne, F rancus, /ils d'Hector, étant considéré comme I'ancêtre éponyme des Francs; les relations du siège de T roie composées par des écrivains de la décadence grecque et attribuées par eux à deux prétendus témoins des événements, Oictys et Oarès, sont opposées par Jean Lemaire aux récits d'Homère. Ce roman est écrit en prose, mais dans une prose toute proche de la poésie par I'harmonie du rythme et la richesse des images. Marot retrouvait dans Lemaire I'âme II d'Homère Ie Grégeois II, Les poètes de la Pléiade Ie salueront comme leur précurseur, pour avoir, comme Ie dit du Bellay, I( premier illustré et les Gaules et la langue françoyse, luy donnant beaucoup de mots et manières de parler poétiques, qui ont bien servi mesmes aux plus excellens de nostre temps II.
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