II. - Clément Marot
:<< Clément Marot naquit en 1496, à Cahors, en Quercy, Sa mère était originaire de cette province et jusqu'à dix ans Marot ne parla que Ie patois maternel, Son père, Jean des Maretz, dil Marol. était Normand. 11 s'était fìxé à CGhors dans Ie dernier quart du XV, siècle et il y vécut d'abord pauvrement. Sa première enfance, Clément Marot se la représentait plus tard comme toute remplie par des passe-temps champêtres : cuei/lir Ie houx II pour faire gluz à prendre oyseaulx ramages )), s' exercer à la fronde, fabriquer des cages ou des pièges, dénicher des pies ou des geais, des chardonnerets, des serins, des pinsons ou linottes, chercher les gites des jouines, des hérissons ou des blanches hermines.
En 1506, par l'entremise de Michelle de Saubonne, future baronne de Soubise,les poètes Jean Lemaire de Belges et Jean Marot furcnt inscrits en qualité de secrétaires sur l'état de la reine Anne de Bretagne. Jean Marot quitta donc Cahors, emmenant avec lui son fils II en France I), Pendant que Ie père chantait les expéditions de Louis Xll en Italie, Ie fils
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faisait de médiocres études sous la férule de régents qui lui gâtèrent, dil-il, sa jeunesse. 11 jut quelque temps clerc de procureur, Comme tel, il appartenait de droit à la confrérie de la Basoche du Palais. 1/ fìt également partie des Enfants Sans Souci et composa pour cette société joyeuse une de ses premières ballades.
11 fut pendant que/que temps page chez messire Nicolas de Neuville, seigneur de Villeroy.
Vers 1518, il fut agréé comme valet de chambre par la sæur du roi, Marguerite, duchesse d'Alençon. 1/ accompagna Ie duc d'Alençon au camp du Drap d'Or (1520), servit dans ses troupes en Hainaut, puis en Italie. 1/ fut fait prisonnier à la bataille de Pavie, De retour en France, il fut emprisonné au Châtelet pour avoir mangé du lard en carême, ostensiblement, ce qui sentait I' hérésie, Grâce à l'intervention de son ami, Léon Jamet, il fut transféré I( en la prison claire et nette II de l'évêque de Chartres, puis élargi.
A lamori de son père (1526), il obtint d'être couché sur /'état du roi; à la place de Jean, il suf/ìsait de II mettre Clément II, disait-il dans une épitre à François I". Peu après, Ie nouveau valet de chambre du roi fut incarcéré pour avoir aidé à dé/ivrer un homme que les archers du guet avaient appréhendé.
En 1532, il pub he un recueil de vers : I'Adolescence Clémen tine. 1/ se met en suite à traduire en Vers des psaumes de David, vraisemblablement pour plaire à sa protectrice Marguerite, qui s'adonnait avec ardeur à la lecture et ð la méditation de I'Ecriture sainte. Le Miroir de l'âme pécheresse de Marguerite, publié en 1533, contenait une traduction du V/'" psaume par Marot. Or, les théologiens estimaient que traduire sans leur conlrôle /' Ecrilure en langue vulgaire était faire acte d'hérétique. Aussi, lorsque l'affaire des placards (1534) provoqua des mesures de répression contre les luthériens, Marot crut-il prudent de se mettre à /'abri, 1/ passa dans les Etats de la reine de Navarre, à Nérac, et de là en Italie, chez la due hesse de Ferrare, Renée, qui Ie prit à son service comme secrétaire. La duchessc de Ferrare était favorable aux Evangéliques; mais Ie duc, allié du pape et de /'empereur, était hostile aux Français, Des Ferrarais purent se saisir de Marot et Ie fouetter, impunément. 1/ s'en fut chercher asi/e à Venise. 1/ obtint enfìn l'autorisation de rentrer en France. II revint : à son passage à Lyon, il dut abjurer les princit>es de la Réforme. Cette cérémonie n'étall pour lui qu'une vaine formalité. De retour à Paris, il publia ses <Euvres (/538) et continua de traduire Ie Psautier en Vers français, En 1539, il offrait au roi, en un manuscrit de dédicace, lrente psaumes, qu'il publia deux ans après. Immédiatement les calvinistes les chantèrent dans leurs réunions Le Parlemcnt de Paris ayant rendu un arrêt contre les llVr s sentant /'hérésie et la Sorbonne ayant explicitement condamné /es psaumes en français, Marot s' enfuit à Genève. Calvin l'encouragea à poursuivre la traduction du Psautier. Une seconde édition, accrue de vingt psaumes non précédemment traduils, parut en 1543, dédiée aux dames de France. Le caractère de Marot s'accordait mal avec l'esprit austère des calvinistes genevois. 11 ne tarda pas à quitter Genève, 1/ mourul à Turin en 1544.
Editions modernes des æuvres de Marot : Pierre Jannet, 4 vol., 1868-1872 ,dans la Collection Jannet-Picard; c.;uiffrey