‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 190 sur 402 · ..J. ..-.... .;1-'''' OM..?!'___ ,..; 7.)__ · texte numérisé non relu

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( I. Hois<IIonnas. (;eneve.

LE DISCOURS DU RECTEUR COP. prononcé en Sorbonne. Ie Ie, novembre 1533 II est écrit de la main de Calvin (Bibliothèque de Genève, ms. 1450),

dans l'intimité de Calvin. Mais elle nous montre comment iI s'acquittait de ses fonctions de pasteur et d'homme d'f.tat. La moralité de la ville de Cenève est une de ses préoccupations constantes. Pour J'assurer, iI a recours aux sanctions les plus sévères, Ie bannissement, par exemple: II T elle femme s'était élevée bien fièrement. Mais iI fa\lut qu'e\le ait gagné les champs, pour ce quïl ne faisait pas bon en vi \Ie pour e\le. Les autres baissent bien la tête, au lieu de lever les comes. )) Aucun détail de mæurs ou de costume ne lui paraÎt indigne de son auention scrupuleuse. II remarque un jour que les jeunes gens de Cenève adoptaient la mode, qui avait cours en France, des chausses découpées. Calvin interdit ceUe mode, I( non pas, ex p liq.Je-t-i1, que nous fissions instance de cela, maispourceque nous voyions que. par les fenêtres de ces chausses, ils vouloient introduire toutes dissolutions... Sathan a icyassez d'a\lumeUes. )) Comme directeur de conscience, i\ savait user d'une fermeté obstinée, sous des apparences polies, voire cérémonieuses. Les grands qu'il croyait de son devoir de cons iller n'étaient pas tous aussi doci\es à ses enseignements et aussi respectueux de son autorité que la duchesse de Ferrare ou Ie seigneur de Falais. Calvin n'hésite pas à les morigéner lorsqu'i\ Ie croit nécessaire. I( Nous serions traÎtres en vous dissimulant les bruits qui courent, écrit-i\ au prince de Condé. Nous n'estimons pas quïl y ait du mal où Dieu soit directement oflensé, mais quand on nous a dit que vous faites J'amour aux dames, cela est pour déroger beaucoup à votre autorité et réputation. Les bonnes gens en seront oflensés, les malins en feront leur risée. )) Dans I'administration des églis s réformées les embarras étaient multiples. Le principal eflort de Calvin tendait à assurer aux églises des pasteurs qui fussent d'une moralité au-dessus des soupçons, Leur vie privée Ie préoccupe, et particulièrement leur mariage est toujours une aflaire grave. II est très inquiet lorsque Viret songe à se remarier et i\ sïndigne de la fo\le entreprise de F arel qui. à soixante-neuf ans, s'avise d'épouser une jeune fille, II n'ignore pas qu'il y a parmi les

moines qui ont passé au protestantisme beaucoup d'aventuriers. de brouillons, de mutins : tel ce carme défroqué, qui, après avoir accepté de dÎner avec lui, se rendait ensuite au cabaret et là calomniait son hôte, II ne cesse de survei\ler ces faux apôtres et de les dénoncer aux fidèles et aux églises.

Les règles politiques quïl recommandait aux Réformés de France, isolés ou groupés, étaient sages et prudentes. II désavouait les excitations à la révolte. Lor que les premiers troubles éclatèrent, i\ refusa d'approuver les aUentats contre I'ordre public, 1\ se défendit d'avoir favorisé les projets des conjurés d'Amboise et s'opposa aux intrigues de La Renaudie à Cenève, Au cours des guerres civiles, iI s'indignait des violences commises par les huguenots de Sauve qui avaient abauu une croix et brûlé des images. 1\ écrivait au baron des Adrets, pour protester contre la licence de ses bandes: I( Si est-ce, Monsieur, qu'i\ vous faut surtout corriger un abus qui n'est nu\lement supportable. c'est que les soudards prétendent de butiner les calices. reliquaires et te!s instruments des temples. Qui pis est, on a rapporté que quelque un des ministres s'estoit fourré parmi, jusques à en exposer en vente quelque quantité. Mais en premier lieu, si cela advenoit, i\ y aura un horrible scandale pour diflamer I f.vangi\e et, quand la bouche ne seroit point ouverte aux méchants pour blasphémer Ie nom de Dieu. si est-ce quïl n'est pas licite, sans autorité publique, de toucher à un bien qui n'est à aucune personne privée. n 1\ invite en conséquence Ie baron des Adrets à faire publier par les carrefours que ceux qui dans les huit jours n'auront pas rapporté leur butin seront puniscomme larrons.

Aucune qualité de style ne distingue ces leUres. Elles valent surtout par les renseignements qu 'e\les nous foumissent sur Ie caractère de Calvin, Elles nous Ie montrent grave, actiJ, énergique, guidé Ie plus souvent par une raison lucide, toujours soutenu par la haute idée quïl se fait de sa mission de I( procureur de Dieu I). Ala conscience me presse,.., r honneur de Dieu commande.., Ces formules reviennent fréquemment sous sa plume, lorsqu'i\ écrit pour censurer les mæurs, redresser un abus ou maintenir la discipline dans les églises.

Ses pamphlets

Ses ouvrages de polémique religieuse sont d'un ton bien diflérent. Lorsquïl se fut fixé à Cenève, iI était en possession d'une doctrine religieuse, neUement définie dans sa Christianæ religionis Institulio (\536). Aussi engagea-t-i1la luUe, non seulementcontre les catholiq ues fourvoyés dans la superstition des reliques (T raité des reliques), mais encore contre toutes les sectes réformées dont les idées lui semblaient pemicieuses pour la vérité évangélique. Cest ainsi qu'il publia une Briefve instruction pour armer tous bons fìdèles contre les erreurs des Anabaplistes, qu'i\ dénonça comme hostiles à I'f.vangile les sceptiques et les épicuriens, I( une bande qui est quasi

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