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US EXERCICE CHER AUX HU IANISTES. - Jean Doral a écrilla même poé.ie en françaÎs, en lahn. en glee (Pæune.... Joanne Aurato poela regio et aliis doctis poelis auclorìbus, Luteliæ. 1569),
ÉTlENNE PASQUIER d'après la gravure de Léonard Gaultier (1617). - B. N., Cabinet des Estampes,
trailé dialogué sur ramour, est de 1554.
Le premier livre des Recherches de la France para;t en 1560, La première édilion des Leures est de 1586. Le dernier recueil poétique est la Jeunesse de Pasquier, publié par fauteur à quatrevingts ans, CEuvres, Amsterdam [Trévoux, 1724, 2 vol. in-folio. CEuvres choisies, puhliées par Léon F eugère, 1849, 2 vol. in-12. On lira avec intérêt sur Pasquier Ie Dialogue des Avocats du Parlement de Paris, 1602, où son meilleur ami, Antoine Loisel, trace, en Ie prenant pour modèle, Ie lJìpe de ravocat idéal.
C'EST PARMI LES HUMANISTES que la langue française, combattue par beaucoup d'entre eux, trouvera ses défenseurs les plus éloquents et les plus autorisés, f.tienne Pasquier, qui manie la poésie latine aussi aisément que la française; Henri Estienne, qui parle Ie grec depuis son enfance et vit par la pensée avec les Anciens, en corrigeant leurs textes sur ses presses d'imprimeur, sont au premier rang de ces leurés que soutient leur patriotisme dans une campagne obstinée en faveur du français. Leur meilleure propagande sera d'écrire de beaux livres, dont quelques-uns comptent parmI les æuvres marquantes du siècle.
Les Recherches de la France (c'est-à-dire sur la France) d'f.tienne Pasquier ont occupé tous les loisirs d'un avocat et magistrat illustre, qui a fait leur part aux rellres dans sa vie d'homme d'action, vaillamment dévoué aux intérêts de son pays et au service de ses souverains, II avait commencé cel ouvrage et en avait publié les premiers livres étant encore avocat au Parlement de Paris. Devenu sous Henri I II avocat général à la Cour des comptes, puis démis de sa charge sous Henri IV, il écrivait encore, à la veiIle de sa mort, un dernier chapitre de son ouvrage préféré, celui OÙ il démontre que Ie pape ne peut déposer nos rois, ni délier leurs sujets du serment de fidélité. Ce recueil, OÙ se reRètent les formes diverses de I'érudition et de la polémique du temps, composé et retouché à diverses époques, eI dont Ie plan même n'a rien de rigoureux, semble comme des Essais moins brillants, OÙ I'auteur, nourri ainsi que son ami I\lontaigne de la forte substance des leUres antiques, a mis toute I'expérience de son esprit, sans y trop montrer de sa personne. Ne forçons point une comparaison, qui tournerait vite au désavantage des Recherches, mais qui explique peut-être Ie charme persistant de certaines pages, Pasquier a fait de son livre une grande construction patriotique où, dans la seule unité de son amour pour son pays, les sujets les plus divers sont assemblés. II conte, à grand renfort de textes, parfois inédits et recherchés dans les bibliothèques, les origines de notre race, les exploits des Caulois et ceux des Francs, la fondation du royaume des Iys et les grandes anecdotes de son histoire. Les transformations des institutions, I'origine des professions, des usages, des proverbes même, se mêlent dans ses chapitres, qui fonl voisiner II la soUe opinion de Dante, poète italien, qui estima que Capet était issu d'un boucher n, et Ie II sommaire du procès de Jeanne la Pucelle II, que Ie juriste parisien avait étudié d'assez près, et avec Ie respect Ie plus ému, dans les pièces originales.
Pasquier décritle passé à la lumière du présent et pour éclairer son temps, qui I intéresse plus que tous les autres. C'est ainsi que la longue histoire si aUachante de I'Université de Paris, des privilèges octroyés à ceUe I( fille aÎnée du Roi)), et des II réformations n qu 'elle a subies, aboutit à un épisode capital pour elle et aussi pour luimême, qui fut Ie procès soutenu par I'antiqut' institution contre les Jésuites du collège de Clermont, avec la pensée de faire interdire Ie droit d'enseigner à ceUe nouvelle compagnie. Dans une défense mémorable des privilèges du corps, Pasquier fut aux prises avec un confrère réputé, Versoris : sans obtenir I'arrêt souhaité, puisque Ie Parlement ajourna la cause, il rem porta , contre une société qui inquiétait déjà, son plus éclatant succès oratoire. II commença, en même temps, à recueillir ce fameux Catéchisme des ]ésuites, où tout I'arsenal d'une polémique séculaire est par avance réuni, et dont la forme dia!oguée offre presque une ébauche des Provinciales. Les Recherches ont conservé la harangue pour rUniversité, dont la belle vigueur ne doit pas nous faire oublier que la cause était mauvaise, puisque I' II incorporation n des collèges de la Compagnie à I'Uni-