‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 242 sur 402 · lYA · texte numérisé non relu

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LE DÉCOR DE LA TRAGÉDIE. - D'après Sebastiano Serlio.

Sénèque, et un peu plus tard deux des premières tragédies françaises, la Médée de Jean de la Péruse (vers 1553), qui n'est qu'une traduction de Sénèque, et I'Agamemnon de T outain (1556). A Paris brillent, au milieu du siècle, deux grands foyers d'hellénisme : Ie collège de Coqueret, OÙ Dorat a pour élèves Baïf et Ronsard, et Ie collège du cardinal Lemoine, OÙ 1\1 uret, qui enseigne à partir de 1551, a pour élèves Scévole de Sainte-Marthe, Jacques Grévin, Vauquelin de la Fresnaye, et pour amis Jodelle, Jean Antoine de Baïf et Jean Brinon. Tous les poètes de la Pléiade sont ainsi groupés autour de Dorat et de M uret. En J 549, Ronsard traduisait en vers Ie Plutus d'Aristophane, et, avec ses camarades, jouait cette traduction devant son maître.

En 1544, I'imprimeur Robert Estienne publie un petit livre intitulé : la Tragédie d'Euripide nomée Hecuba, traduicte de grec en rhythme françoise, La dédicace au roi a beaucoup de grâce : (( Or est-il, sire, que quelques Jours passés me trouvant en ma petite maison, mes enfants, tant pour me faire apparoir du labeur de leur étude que pour me donner plaisir et récréation, m'apportoient chacun jour la lecture qui leur était faite par leur précepteur de la tragédie d'Euripide. dénomée Hecuba: me rendant de mot à mot de grec en latin. Laquelle pour la sublimité du style et gravité des se,ntences que je trouvai, iI me prit envie, sire, de la mettre en notre langue françoise, seulement pour occuper ce peu de temps de repos à quelque honnête exercice. Et depuis vous voyant, sire, travaillé de maladie, pour vous donner quelque récréation, je pris la hardiesse de vous lire Ie commencement que j'en avois tourné : que bénignementvous ouïtes et me commendates de l'achever. )) Dans ce joli tableau, on avait cru reconnaÎtre Lazare de Baïf. son fils Antoine, et Ronsard. qu'iI regardait comme un autre fils. II a été récemment démontré que Ie véritable auteur de cette traduction est Jean Bochetel, dont les deux fils avaientpour précepteur Amyot. La traduction est d'ailleurs fort belle, et il est surprenant qu'on I'ait attribuée au rocailleux auteur de I'Eledre. A I'origine du nouveau théâtre il faut donc se représenter un groupe d'érudits, peu nombreux lce sont les mêmes qu'on revoit à Bordeaux, à Poitiers, à Paris), qui s acharnent à dégoûter leurs élèves des genres en vogue, et qui, prêchant d'exemple, expliquant les modèles anciens, donnent et font Jouer les modèles de I'art nouveau. Et les élèves de ces humanistes formeront la génération de nos premiers auteurs tragiques.

II faut tenir compte enfin d'une autre influence, celie de la cour. La cour a Ie p;oût de l'humanisme, D'autre part,

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LE DÉCOR DE LA PASTORALE. - D'après Sebastlano Serlio

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