‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 297 sur 402 · LE OIX-SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

LE OIX-SEPTIEME SIECLE

Théophile rentre à Paris, grâce à la protection du duc de Montmorency, chez lequel il meurt cette même année. Publication de ses ceuvres en trois parties successives : 1621, 1623, 1624. Edition complète, 1626. Réimpression par les soins de Scudéry, 1632. Edition moderne procurée par Alleaume, dans la Bibliothèque elzévirienne, 2 vol., 1856. Voir Frédéric Lachèvre. Ie Procès du poè e Théophile de Viaud, 2 vol.. 1909; Garisson, Théophile et Paul de Viaud, 1899; K. Schirmacher, Théophile de Viaud, 1897.

THÉOPHILE, par sa fau e, tien dans l'his oire de no re poésie une place rès indigne de son talent. qu'il gaspilla, II maniai for adroi-

emen l'alexandrin, Capable d'écrire de charman es épi res. iI n 'en fi qu'une assez piquan e. où il combatti la doctrine de Malherbe. II y sou ien cette thèse que les idées du réforma eur lui furen imposées par son tempéramen donc que sa manière. bonne pour lui, ne vaut rien pour les autres :

l\1alherbe a très bien fait; mais iI a fait pour lui, Mille petits voleurs I'écorchent tout en vie; Quant à moi, ces larcins ne me font point d' envie; J approuve que cbacun écrive à sa façon; Jaime sa renommée, et non point sa leçon.

Sans souci de se con redire, I'ennemi de ì\1alherbe érige, lui aussi, en règle sa propre (( façon )1, e pré end qu'il n'y a de bons espri s que ceux qui ressemblen au sien :

La règle me déplaÎt; j"écris confusément:

Jamais un bon esprit ne fait rien qu'aisément,

Ce défenseur de la littéra ure facile aVai un sen imen

rès vif de la na ure. mais qui ne s'est guère manifesté avec éclat que dans les deux pe ites odes du Matin et de la Solitude. Elles son en strophes de quatre vers octosyllabiques, comme les poèmes des Emaux et camées. Et Ie Théophile du XVII e siècle annonce au rement que par son goût pour Ie quatrain de petits vers Ie Théophile du XIX C . Son originalité est d'unir, comme fera Théophile Gautier. la précision à la fantaisie. En quelques mo s, iI sait mettre sous nos yeux une atti ude ou un dIet de lumière, dans notre esprit une vision charman e :

La charrue écorche la plaine, Le bouvier qui suit les sillons Presse de voix et d'aiguillons Le couple de bæufs qui I' entraine.

Le forgeron est au fourneau; V ois comme Ie charbon s' allume I Le fer rouge dessus I'endume.

J::.tincelle sous Ie marteau,

De cette source une Naìade T ous les soirs ouvre Ie porlal De sa demeure de crista I Et nous chante une sérénade,

Malherbe, plus offensé par les péchés con re la Muse que par les péchés contre la morale, estimait que Théophile méri ait la prison seulement pour avoir fai de mauvais verso Théophile est en effet très coupabled'en avoir fait tantdemauvais, alors qu'il savai en faired'excellen s. Que ce poèt bien doué ait laissé, pour avoir été rebelle à toute discipline, une æuvre si imparfai e, voilà qui suflirait à justifier la réforme de Malherbe.

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