JO\I.I
LE Moyen de parvenir est Ie récit d'une espèce de festin OÙ des gens de toute condition causent en liberté. L'allure de leur conversation est d'un caprice déconcertant. L'auteur Ie fait remarquer lui-même, crainte sans doutequ'on ne Ie lui reproche. 11 avoue que personne n'a jamais sauté, comme lui, du coq à l'âne, que son livre ressemble aux repas du bonhomme Guyon, qui mêlait dans son écuelle tous les plats de son repas, en disant : II Puisqu'ils se doivent mêler au ventre, il n 'y a point de danger de lui envoyer tout déjà mêlé? )) Au désordre de son livre, Béroalde voit cet avantage qu'on peut Ie commencer OÙ l'on voudra; c'est sans inconvénient, tant il est plein d'instruction, tant il donne à apprendre, à quelque endroit qu'on se mette à Ie lire; il n' y a ligne ou passage qui ne soit I( farci de science)). Assurément, il est farci d'esprit satiriquc, et il touche audacieusement à tout; mais particulièrement aux gens d'église, aux évêques, aux moines, à la religion elle-même, aux puissants de ce monde, aux femmes. Le malheur est qu ïlle fait avec une impudence dont Ie cynisme n'a peut-être jamais été dépassé. (( Dames, qui avez les oreilles chatouilleuses, écrit l'auteur, de peur de rire, lisez ceci tout bas ou de nuit, durant laquelle la honte dort; et ne vous formalisez, scandalisez, ni estomirez de chose quelconque que trouverez en ces textes et mémoires, mêlés de toute sapience, moyens, éléments et ensei nements à bien vivre. )) On conte que la grande Catherine, ayant découvert