‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 357 sur 402 · LA POESIE HEROIQUE ET LE ROMAN · texte numérisé non relu

LA POESIE HEROIQUE ET LE ROMAN

nissime reyne de Suède, par M. de Scudéry, gouoerneur de Notre-Dame de la Garde, 1654; - la Pucelle ou la France délivrée, poème héroïque, par M, Chapelain, 1656 (Chapelain n'a publié que les douze premiers chants de son épopée :

il était découragé. Les douze derniers chants ont été publiés en 1882, à Orléans, par H. Herluison); - Clovis ou la France chrestienne, poème héroïque, par Jean Desmarets de Saint-Sorlin, 1657; - Jonas ou Ninive pénitente, poème sacré; Samson, poème sacré; Josué ou la Conqueste de Canaan, poème sacré; David ou la Vertu couronnée, poème sacré, par Jacques de Coras, 1663-/665; - Charlemagne, poème héroïque, par Louis Le Laboureur, bailli du duché de Montmorency, 1664; - Childebrand ou les Sarrazins chassés de France, poème héroïque, par Jacques Carel, sieur de Sainte Garde, 1666. (L'année suioante, Boileau s'étant moqué du nom de Childebrand, Carel de Sainte Garde Ie remplace, pour la nouoelle édition, par Charles Martel.) Ces poèmes, et d'autres, ont été analysés aOec conscience et complaisance par j. Duchesne, Histoire des poèmes épiques français du XVll C siècle, 1870. Voir aussi : R. T oinet, Quelques recherches autour des poèmes héroïques ou épiques français du XVlle siècle, 2 001., Tulle, 1899 et 1907,

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IL N'EST aucune opinion particulière qui ne trouve à se recommander d' u ne doctri ne; et la doctrine vous dispense du soin d'examiner I'opinion. Par exempIe, quand il s'agit de ne pas lire ces poèmes héroïques et de les déclarer pires que très mauvais, I'on a recours à cette théorie de I'épopée, selon laquelle un poète épique est un homme des premiers âges et, son ceuvre, (( I'histoire écrite par les poètesà une époque où il n'y a point d'autre historien que Ie poète)). L'on renchéritet I'on assure que Ie véritable auteur d'une épopée, c'est la foule. Conséquemment, messire Godeau, évêque de Vence: Jacques Carel, sieur de Sainte Garde, ou Ie bon Saint-Amant, ne pouvaient réussir un Saint Paul, un ChilJebrand ni un Moïse, ayant vécu sous Louis XIII ou au début du règne de Louis XIV et n'étant pas la foule inspirée, Cependant, I'EnéiJe n'est pas un poème qui ne mérite que dédain, quoique Virgile ne fût point la foule et fût Ie contemporain d'Auguste, I\his I' Enéide n'est pas une épopée (( spontanée I)? Elle est pourtant un beau poème; et, si Moïse ou Saint Paul ou ChilJebrand valaient, en somme, I' EnéiJe, leur spontanéité nous importerait assez peu.

Les raisons que donne Boileau pour expliquer à sa manière que ces poèmes ne valent rien, ne sont pas irréfutables. Voire, il serait facile de les réfuter par d'autres arguments de même sorte. Un seul argument su/firait,l'argument de fait, si au bout du compte ces poèmes étaient beaux. Le sont-ils ? N'allons pas, pour Ie seul plaisir-qui en est un - de mettre une théorie en fâcheuse rosture, admirer d'emblée ces poèmes déconsidérés.

La Puce lie de Chapelain n'est pas divertissante; et, quand elle parut, on I'attendait depuis douze ans, Chapelain lui-même redouta I'échéance: iI écrivait: (( Je fais si peu de fondement, pour Ie bon succès de mon poème, sur lïmpatience qu'on a témoignée de sa publicatien, que je considère un si grand honneur comme son plus grand désavantage, )) II n'a pas tort: mais un autre désavantage, c'est la médiocrité du poème, dont il ne s'avise pas. [\Imc de La Fayette

FRONTISPICE de I'édition in-folio des (EUIJTe$ de Pierre Corneil!e, 1664.

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