‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 382 sur 402 · LE DIX-SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

LE DIX-SEPTIEME SIECLE

branche nous apprennent qu'il pratiqua sévèrement cette maxime. (( Mais, ajoute l'un d'eux pour nous consoler, il s'est peint lui-même dans ses ouvrages, et en les lisant dans la vue de l'y trouver ou du moins ses vrais sentiments, iI ne sera pas dif/ìcile de Ie tirer d'après nature. )1 En dIet, Ie philosophe a répandu son âme dans ses écrits. Les souvenirs du marquis d'AlIemans, du P. Le\ong, du conseiller Chauvin, du p, André, de Fontenelle nous aident à I'y découvrir,

La vie de Malebranche et I'histoire de son esprit

) Nicolas Malebranche est né à Paris Ie 6 août 1638, Son père, trésorier des cinq grosses fermes à l'époque de Richelieu, devini secrétaire du roi en 1658, Sa mère, Catherine de Lauzon, originaire du Poilou, comme la mère de Descartes, étail llpparentée à "v1 me Acarie, qui a introduit en France Ie Carmel de sainte Thérèse et dÙigé plusieurs grands spiriluels de son temps. Dernier de dix enfants, selon Ie P. Adry, ou de ireize, selon /e P. André, /e jeune Malebranche semblail fort chélif. /l fut é/evé à la maison, (( travaillant sous un précepteur qui revenait l' enseigner après avoir conduit ses frères en classe )). A l'âge de seize ans, sa santé s'étant un peu raffermie, il suivil les cours du co/lège de La Marche, où Ie fameux péripatéticien Rouillard enseignait /a philosoph ie, Celie initiation Ie déçut. /l prit cependant son (( degré II de (( maître ès arts en rUniversilé de Stagyre )) (1656).

Se promettanl plus de satisfaelion de /a théologie, il vint passer trois années à la Sorbonne, mais éprouva une seconde désillusion et acheva de se dégoûter de Ncole. /l perdit sa mère, qui s' étail appliquée parliculièrement à Ie former (18 avril 1658), et peu de jours après son père (5 mai). Son goût de la retraite el la faiblesse de sa complexion féloignaient du monde. Un de ses oncles lui proposa un canonicat à Notre-Dame, qu'il re/usa. A fâge de vingt et un ans, il pdt Ie parti d'entrer à J'Oratoire (18 janvier 1660). (( La nature et la grâce, note Fontenelle, fappelaient également Vers rétat ecclésiastique )), Après une année de novidat dans la maison spédale de rOrato ire appelée /'Institution (aujourd'hui /'hospice des Enfants assislés) , non à Saint-Magloire (aujourd'hui l'établissement des Sourds-muets), comme l'indiquent à tort plusieurs historiens, et un brei séjour à Noire-Dame des Ardilliers, près de Saumur, Malebranche entre à rOratoire de la rue Saint-Honoré à la fin d'oelobre 1661, Le P. Lecointe essaie de l'inilier à l'histoire ecclésiaslique, Richard Simon à J'hébreu et à la Imérature rabbinique, /es PP. Chance/ier et Fauconnier à la théo/ogie auguslinienne, 11 est ordonné prêtre Ie 20 septembre 1664, mais il n'exercera aucune fonelion paroissiale ou d'enseignement. Quelque temps bibliothécaire de son ordre, à un autre moment maître de cérémonies dans réglise de la rueSaint-Honoré, il se défit dès qu'ille put de ces charges (Correspondance inédite, p. 10), pour se consacrer pleinement la méditation. /1 avait abandonné ses biens (( à ses frères du monde )), c'est-à-dire à J'hôpital général, ne se réservant qu'un revenu viager de 1600 livres qui suffisait à ses bcsoins. /l mourut Ie 13 oelobre 1715. CE QUE révèlent bien des passages des æUvres de Malebranche, <:'est son goût pour la méditation, T oute sa curiosité se dirigeait vers la vie intérieure, car il avait conscience de consulter une raison débordant inlìniment sa personnalité quand it rentrait en lui-même, Sa <1octrine nous avertit que nous apercevons les idées dans l'entendement divin et que s'interroger sincèrement, en sachant écarter les prestiges des sens et de l'imagination, c'est être instruit par la sagesse éternelle, Méditatif par tempérament, ill'était donc encore par système. Pour mieux écouter Ie maitre qui parIait en lui, il renonçait à la société des hommes, se retirait souvent à la campagne, recherchait Ie silence et l'obscurité de la cellule. II a lélìni l'auention (( une prière naturelle par laquelle nous obtenons que la raison nous éclaire )). Mais ce dont témoignent aussi ses ouvrages avec une égale évidence, c'est qu'il n'obtenait pas sans effort et sans luue ceUe concentration d'esprit. On ne peut, assure-t-i1, s'unir à la raison (( sans une espèce de travail fort désolant )). II dit à son (( unique Maitre)): (( V ous nous parIez dans Ie plus secret de nous-même, mais nos sens, de leur côté, crient si haut I... Je sens encore que fai de l'auachement pour ces objets que volre lumière me fait mépriser; je sens que je les aime )) (Cinquième Médilation chrétienne, 19). II écrit tout un livre, de la Recherche de la vérité, contre I'imagination, et l'on y devine l'effet d' une rancune contre les séductions de l'enchanteresse. II n'a nul goût pour I'érudition. II n 'envie point Ie savoir d' un Le-

cointe, d'un Launoy ou d'un Richard Simon. Bien plutõt, il partage la répugnance de son premier supérieur genéral, Ie P. Bourgoing, contre la science des faits. Celui-ci disait, pour désigner un esprit médiocre: (( C'est un historien. )) Malebranche demanda un jour à un érudit: (( Monsieur, Adam était-i1 bien habile dans Ie paradis terrestre )) Ce docte lui ayant répondu assurément qu'oui, puisqu'i1 avait eu toutes les sciences infuses: (( Eh bien! lui dit Ie p, Malebranche, cet homme, qui savait tout, ne savait pourtant ni histoire, ni chronologie. )) (Le P. André, ouvr. cité, p, 10,) L'OratolTe de Jésus était avant tout Ie foyer d'une dévotion irès ardente à laquelle Ie fondateur de I'ordre, Ie cardinal de Bérulle, avait donné sa nuance propre, De Bérulle avait voulu réagir contre cette sorte de dispersion de la piété que risquait de réaliser Ie culte des saints, développé au point de faire concurrence au culte de ce\ui que les saints ont entendu servir, et iI avait composé un Office de Jésus dont la célébration était imposée dans b. congrégation de l'Oratoire, alìn de ramener la faveur des lìdèles vers Ie véritable (( instituteur et fondateur de la religion )1. Le même souci se manifeste dans toute l'æuvre de Bérulle, particulièrement dans son fameux Discours de r état et des grandeurs de Jésus : (( Rien ne devrait partir de notre esprit qui n'aspire à Jésus, rien ne devrait entrer dans notre esprit qui ne sentit I'esprit et I'odeur de Jésus. Et com me, épris de son amour, no us ne devrions voir que Jésus, rien ne nous devrait contenter que Jésus, Tout en lui et par lui nous devrait agréer; rien sans lui et hors de lui ne nous devrait satisfaire. )) Le lecteur des Médilalions chrétiennes ne saurait étudier la religion de Malebranche sans y découvrir à chaque page la marque de l'inAuence bérullienne, En philosophie, tandis que les Jésuites restaient auachés à I'aristotélisme, les oratoriens s'appliquaient à retrouver Platon à travers saint Augustin. En 1655, Ie P. Fournenc avait publié un cours dans lequel iI se vantait d'améliorer l'enseignement philosophique par ses emprunts à Platon. II n'est pas assure que Malebranche I'ait utilisé ; mais nous savons qu'iJ a tenu en grande estime un exposé très lìdèle de la philosophie augustinienne, paru dès 1656 et très rapidement devenu dassique, la Philosophie chrélienne, d'Ambrosius Victor (pseudonyme du p, André Martin). Les oratoriens travaillaient en même temps à la diffusion du cartésianisme. dont plusieurs penseurs, comme Ambrosius Victor, Ie P. Poisson, et, hors de 1'0ratoire,Ie médecin Louis de La Forge (Traité de J'esprit de J'homme, 1666) estimaient la conciliation facile et nécessaire avec les idées de saint Augustin, De Bérulle avait approuvé les desseins du jeune Descartes; son successeur, Ie P. Condren, avait conseillé au P. Cibieuf et au P. de La Barde d'enseigner et de commenter la philosophie nouvelle. Aucune synthèse du cartésianisme et de I'augustinisme ne sera plus profonde, plus intime et plus puissante que Ie sysfème de Malebranche. Ainsi, dans la mesure où Ie milieu prépare I'éclosion d'une grande doctrine, Malebranche doit à 1'0ratoire sa formation. Le marquis d'Allemans,le P. André, Fontenelle, tous ses biographes racontent que la lecture fortuite de J'Homme, de Descartes, lui révéla sa vocation philosophique. Ce récit no us inspire que\que délìance. Malebranche nous aflìrme qu'il a connu Descartes avant saint Augustin. II est fort peu croyable qu'en 1664, après trois années de Sorbonne, au lendemain de la condamnation d'Arnauld, et après trois ans de séjour à 1'0ratoire, Malebranche n'eût encore pris directement contact avec aucun des deux génies les ...,Ius admirés autour de lui. Au surplus on a décrit. il y a quelque cinquante ans, un exemplaire des Principes de la philosophie, de Descartes, édition de 1659, portant de nombreuses notes manuscrites de Malebranche, et I'une d'elles établirait qu'elles étaie!1t de I'année même OÙ Ie livre a paru, Si r Homme, dê Descartes, n spécialement frappé Malebranche en 1664, c'estqu.une explication du corps humain considéré com me une machine répondait sans doute à sa curiosité précise vers cette date. II est remarquable quïl n'ait pas été d'abord conquis par 1<1 métaphysique de Descartes, par I'ensemble du système. L'admiration de Malebranche ne va pas à I'édilìce total. mais dans cet édilìce iI aperçoit une pierre qui manque à sa propre construction. Tandis qu'il médite sur Descartes et sur saint Augustin, paraissent les Pensées de Pascal (1670), Louis et Blaise Périer conseillent à leur mère de n'envoyer ce livre (( qu'aux am is particuliers II, I\s citent une vingtaine de noms, parmi lesque\s nous lisons celui de Malebranche voisinant avec ceux de jansénistes notoires : Arnauld, Nicole, de Tréville, des Billettes, Filleau de La Chaise, Quesnel. Notons que l\Ialebranche n'a encore rien produit, que cet hommage n:: s'adresse donc pas à un illustre philosophe. 1\ reste qu'il s'adresse à un jeune ecclésiastique de distinction, bien vu du groupe port-royaliste. Malebranche avait pourtant signé Ie Formulaire d'Alexandre VII, Ie 24 novembre 166 \. Si vers 1670 les éditeurs des Pensées ne lui tiennent pas rigueur, c'est que sans doute ils sont lìxés sur la vérilable signilìcation de cette soumission. La rétractation datée

dU 15 juillet 1673, dans laquelle 1\1alebranche reconnaÎt qUII a attesté (( des faits fort incertain< )) par obéissance aveugle à ses supérieurs, n'a pas dû les surprendre, On a souvent contesté I'authenticité de cette rétractation, en donnant pour argument que I\lalebranche a déclaré n 'avoir jamais été janséniste et qu'il a expressément désapprouvé les opinions de Jansénius et d'Arnauld sur la grâce, - ce qui est exact. Mais désapprouver une opinion théologique ou certilìer que des prop05itions se trouvent dans un livrequ'on n'a paslu ((( ...quoique alors je n 'eusse jamais rien vu de son livre intitulé Augustinus )), dit la rétractation) , c'étaient deux choses pour Malebranche. II avait trop de conlìance dans la raison pour soustraire à sa juridiction une question de fait. La rétractation de 1673 ne constitue pas une adhésion au jansénisme: elle n'est qu'une revendication de provisoire neutralité.

En fait, aucune trace ne subsiste d'une profonde influence exercée sur Malebranche par les Pensées de Pascal. I\tJais une page de la Recherche de la véJité (livre IV, chap. VI, 2) reproduit presque liuéralement la Prélace sur Ie Traité du vide, pourtant non publiée à cette époque, communiquée peut-être par les Périer. De même que Malebranche a d'abord admiré chez Descartes sa méthode et sa physique plus que sa philosophie générale, de même il slnspire des vues de Pascal sur la science plus que de ses hautes spéculations sur la condition de I'homme. 11 interroge ces grands penseurs profanes avec une curiosité de savant. Ce grand méditatif répugnait à la dispute. II passa cependant la plus grande partie de sa vie les armes à la main, II eut à se défendre d'abord contre Foucher, chanoine de Dijon, puis contre Ie P. Louis Le Valois, jésuite, qui Ie dénonça comme sectateur de Calvin. Son Traité de la nature et de la grâce lui valut une apostrophe hautaine de Bossuet dans I'oraison funèbre de Marie-Thérèse : (( Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les desseins de Dieu à leurs pensées, ne Ie font auteur que d'un certain ordre général d'où Ie reste se développe com me il peut! Comme s'il avait, à notre manière, des vues générales et confuses, et comme si la souveraine intelligence pouvait ne pas com prendre dans ses desseins les choses particulières, qui seules subsislent véritablement! )) Mais Ie plus tenace adversaire de Malebranche fut Arnauld. Un certain P. Levassor, que Malebranche avait dirigé dans I'étude de saint Augustin et qui professait au séminaire de Saint-Magloire, déclara publiquement que Jansénius avait lu saint Augustin avec les lunettes de Calvin. Par ce mot resté célèbre du disciple, les jansénistes apprirent que Ie maître ne les suivait pas, Une conférence, qui réunit chez Ie marquis de Saint-Preuil Arnauld et Malebranche, en présence de Quesnel et d'un homme de cour théologien, 1\;1. de Tréville, ne modilìa les opinions de personne. Malebranche promit d'expliquer par écrit ses sentiments, Arnauld de les examiner avec une attention sérieuse. (( C'était, dit Fontenelle, se promeUre la guerre, " Les hostilités se pro!ongèrent, peut-on dire, au delà de la mort d'Arnauld (1694), puisque Malebranche ne publia qu'en 1704 sa dernière réponse, suivie du très ironique écrit Contre la prévention, Malebranche soutint encore des controverses avec Ré!<is, Ie bénédictin François Lamy, Ie jeune savant spinoziste Dortous' de Mairan, I'abbé Boursier. II s'était vu bassement outragé par Ie méprisable Faydit; on lui annonçait encore les aUaques d'un jésuite, Ie p, Dutertre: II QUIls triomphent, s'écria-t-i1, je ne leur envie point cet honneur, pourvu que la vérité triomphe avec eux! )) Si Malebranche fut si vivement combattu, il convient de remarquer aussi, avec Fontenelle, que (( jamais philosophe n'a eu des

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disciples plus persuadés )). Le marquis d'AlIemans. Ie marquis de I'Hôpital, auteur de I'Analyse des infìniment petits; Ie duc de Chevreuse, dont Ie père, Ie duc de Luynes, avait Iraduit Descartes et conduit Pascal à Port-Royal: Prestet, ce domestique devenu grâce à lui prHre de 1'0ratoire et mathématicien de distir.ction; Carré, qUII initia pareillement aux sciences; Ie p, André, nombre d'humbles religieux, de savants, de personnages consiéérables lui restèrent attachés loute ieur vie.

Leibniz et la princesse f.lisabeth furent ses correspondants pleins d'admiration, On pourrait affìrmer que dès son vivant Malebranche jouit de la gloire la plus éclatante, bien que la plus con testée , s'il n'était plus exact d'écrire que sa modestie souflrit de Iant d'hommages et son amour de la vérité de tant de prévention.

Les grandes idées du système

Quoi qUII doive à Descartes et si porté qu'il soit à reconnaÎtre sa dette, parfois même à I'exagérer, Malebranche n'a pas philosophéavec les mêmes préoccupations, ni pour Ie même objet. Sans doute un lecteur de Descartes croit encore enlendre une voix familière quand iI ouvre la Recherche de la vérité ou les Entretiens sur la métaphysique: il y retrouve Ie doute méthodique, Ie moyen d'échapper à ce doute en prenant conscience de sa propre pensée, la preuve de Dieu par I'idée même de Dieu, Ie principe de la véracité des idées claires et distinctes, la récluction de toute réalité à deux substances radicalement distinctes, la pensée et I'étendue, une physique mécaniste fondée sur une conception métaphysique de la matière. [\his tant d'analogies I'égarent, si elles lui dissimulent I'originalité du système de Malebranche, son orientation particulière et ce qu'un pénétrant historien de cette philosophie a pu nom mer son anti-cartésianisme. Le point d'où procède I'opposition latente des deux grands métaphysiciens est celui-ci : (( T andis que Descartes, sous de prudentes apparences et aussi à travers les sincères désirs de sa foi, cherche dans la connaissance de Dieu, de nous-même et du monde un moyen d'obtenir, de justilìer, d'assurer, d'étendre I'emprise de I homme sur la nature, un moyen donc d'améliorer ou même de prolonger notre existence terrestrc et de conquérir I'avenir, Malebranche,lui, ne considère la vie présente, la science humaine, la philosophie que comme les échelons de noire réintégration en Dieu, com me la préparat:on et I'anticipation ébauchée de I'autre vie, comme Ie moyen de conquérir, ou, si ce mot évoque une idée d'activilé qui répugne à sa doctrine, d'accueillir I'élernité. )) (Maurice Blondel, fAnti-cartésianisme de Malebranche, Revue de métaphysique et de morale, 1916,) U ne formule de saint Augustin pourrait servir d'épigraphe à son système : 'I L'homme n'est pas à lui-même sa propre lumière. )) La Raison qui éclaire I'homme n'appartient pas à I'homme. Elle est Ie Verbe et 1a sagesse de Dieu: (( J e suis certain que Dieu voit précisément la même chose que ie vois; I'esprit voit en un sens la vérité comme Dieu la voit. )) (V l/ Entretien s!Jr la métaphysique.) De ce principe se décluit une certaine conception des rapports de la raison avec la foi. II ne saurait y avoir désaccord entre elles, I\lalebranche I'aflìrme avec une hardiesse qui surprend : (( L'intelligence est préférable à la foi. Car la foi passera, mais l'intelligence subsistera éternellement. )) (Traité de morale, Ire r;artie, chap. II, 11.) Ne nous méprenons pas sur ce rationalisme : ce n'est point notre raison qui est préférable à la foi, car la raison n 'est point nôtre. Et ce n'est pas dans la vie présente que la foi passera, mais dans la vie glorieuse où I'acceptation de la vÚité révélée fera place à la parfaite intellection de ce qui reste auiourd'hui, toujours à quelque degré, mvstérieux.

NICOLAS MALEBRANCHE. - Gravure d'Edelinck B. N., Cabinel des Estampes).

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