LE MOYEN AGE
7" éd., 1909): Ie Lai du conseil (éd. A. Barth, Erlan Joufroi (éd. K. Hofmann et Fr. Muncker, Halle, 1880); Guillaume de Palerme (éd. H. M,chelant, S. A. T., 1876): Amadas et Idoine (éd. Hippeau, 1863); Floire et BlancheRor. On possède de Floire et BlancheRor deux versions, publiées toutes deux en un même volume, par Edélestand du Méril, dans fa collection Jannet, 1856. La version qui se lit la première dans cette édition esl la plus ancienne, et de beaucoup la plus belle; c'esl d'elle seule qu'il sera parlé ci-après. - C'est dans la seconde moitié du XIII siècle qu'onl dû paraÎlre la Châtelaine de Vergi (éd. G. Raynaud, dans la collection des Classiques français d u moyen âge, 1910): la Châtelaine de Saint-Gilles (publiée par O. Schultz- Gora, Zwei altfranzæsische Dichtungen, Halle, 2 éd., 1911); Gautier d'Aupais(éd.
E. Faral, Classiques françaisdu moyenâge, 1920); Richard Ie Beau (éd. W. Foerster, Vienne, 1874):
Blancandrin (éd. H.
Miche!ant, 1867):
Robert Ie Diable (éd.
Læseth, S, A. T., 1903); Eustache Ie I\loine (éd, Fr. Michel, Paris el Londres, 1834; éd. W.
Foerster et ]. Trost, dans la Romanische Bibliothek, 1891); Brun de la Montagne (éd. P. Meyer, S. A.
T., 1875). Apparliennent au X I v" siècle: Sone de f\:ansai, p. p. Goldschmidt (Bibliothek des literarischen Vereins in Stuttgart), 1899; la Dame à la Licorne, p.p. F. Gennrich (Gesellschah für roman ische Literatur), 1907.
Voir: G. Paris, Ie Roman d'aventure (Cosmopolis, 1898, p. 772); Ch.- V. Langlois, la Société française au XIII" siècle d'après dix romans d'aventure, 3. éd. 1911; Myrrha Lol- Borodine, Ie Roman idyllique au moyen âge, 1913, Outre les romans en vers, il nous est parvenu plusieurs romans en prose: Ie Conte du Roi Constant I'empereur; Ie Roi Floreet la belleJeanne, p, p. Louis Moland et Ch. d'Héricault, dans Ie recueil inlitulé Nouvelles françaises en prose du XIII" siècle, 1856; la Comtesse de Ponthieu, p. p, Clovis Brunel (S. A. T.), 1923,
FLOIRE ET BLANCHEFLOR
Un des plus anciens parmi les romans d'aventure, un des plus exquis, est Ie poème anonyme de Floire et Blancheflor. II a peut-être été composé dès Ie XII" siècle. II traite Ie thème de deux enfants qui s'aiment, que leurs parents séparent, et qui, après plusieurs péripéties, finissent par se rejoindre et s'épouser: thème commun à p\usieurs romans, mais qui, sous les doigts de divers poètes, s'est paré de grâces diverses.
L'auteur de Floire el Blancheflor entraÎne sa petite héroïne jusqu'à Babylone, où un émir, plus débonnaire d'ailleurs que farouche, I'enfermera da!1s la (( Tour as Puce\es II avec cent autres captives :
Floire saura y pénétrcr, caché au fond d' une granc!c corbeille de roses, et I'on e,t bien sûr d'avance qu'il délivrera BlancheRor.
L'auteur de Floire el Blancheflor est un artiste délicat. II sait inventer Ie détail à la fois joli et spirituel. comme en cette scène où Floire, revenant de I'école et apprenant (Ia nouvelle est fausse, d'ailleurs) que BlancheAor est morte, lève son poiÌ1çon à écrire, ainsi qu'une épée, et veut se Ie plonger dans Ie cæur, Ce poète est un amateur de belles choses, palais, Reurs. jardins, bijoux, matières rares, charg ments somptueux de nefs marchandes. Aussi I'Orient, où il mène ses héros, enchante-t-il son imagination, lui offrant Ie régal de ses lignes pures et de sa lumière, la fête riante de s s étoffes, de ses marbres, de ses pierreries, de ses orangers, Et quelle jo!ie vision que ce jardin OÙ I'émir de Babylone a coutume de choisir la jeune fille qu'il prend pour être reine une année et qui doit périr ensuite! Les merveilles s'y accumulent. Au milieu, une fontaine et un arbre magique : on voit la fontaine sourdre, claire et limpide, sur un pré, et glisser dans un canal fait de cristal et de pur argent; I'arbre s'inclin(', chargé de Reurs, dont I'une nait quand I'autre meurt ; et il s' appelle I'Arbre d'amour. C'est là que I'émir vient s'asseoir quand iI veut choisir celie qui doit rigr.er: et par de charmants sortilèges', la fontaine et I'arbre lui désignent la plus digne,
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LE PREMIER BAlSER DE LANCELOT ET DE CUENIÈVRE (8. N.. ms. fr. 118. fin du XIV" siècle).
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LES ROMANS D'AVENTURE 50nt une variété du roman courtois. lis ont de grandes analogies de fond et de forme avec les autres variétés de ce genre, s'adressent au même public, exaltent avec la même prédilection la vaillance et l'amour. Pourtant ils en diffèrenl par plus d'un trait: les sujets qu'ils meltent en æuvre n'ont pas l'unité de provenance qui sert à grouper les poèmes imités de l'anliquité ou les poèmes byzantins; et ils n'ont pas non plus ce coloris, ce ton poétique particulier, fait de merveilleux étrange et de mysttre, qui caractérise les romans bretons, En outre, beaucoup plus que les romans bretons, OÙ prévalent surtout les droits de la hction, les romans d'aventure s'attachent à la vie réclle, la montrent, la reRètent, et pour celte raison ils s'offrent à qui veut connaÎtre les mæurs du XIII" siècle comme des guides infiniment précieux : guides charmants, d'aillcurs, pleins de pittoresque et de poésie, variés à souhait, alliant la force et la finesse, l'élégance et l'émotion, l'esprit et la sensibilité, II nous en est parvenu près d'une centaine, qui presque tous se lisent avec un vif plaisir.
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