‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 69 sur 402 · IO · texte numérisé non relu

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LE CHATELAIN DE COUCY (8. N,. ms. français 15098, seconde moitié du XIV" siède).

(I Alillari.

L'ATIAQUE DU CHATEAU PÉRILLEUX. - (Ivoire du XIII" siècle,) Collection Carland. Musée de Florence.

Recueil de contes et fabliaux, t, I, L'ensemble de fæuvre lyrique d'Adam de la Halle a été pub/ié par De Coussemaker, CEuvres complètes du trouvère Adam de la Halle, 1872; ses jeux parlis font été séparémenl par M' ,,' L. Nicod (Bibliothèque de l'f.cole des hautes études), 1917. - Voir: H, Guy, Essai sur la vie et les æuvres littéraires du trouvère Adam de la Halle, 1908, et A. Guesnon, la Satire littéraire à Arras au XIIII' sièele, ainsi que de nombreux arlicles du méme au leur publiés dans la revue Ie Moyen Age, de 1899 à 1909, On peul réparlir chronologiquement les chansonniers en trois groupes : 1 0 les poèles qui ont !leuri de 1180 à 1200 : Huon d'Oisy, Conon de Bélhune, Blonde/ de Nesles, Gace Brulé, Guy, châte/ain de Couey, Gautier d' E;pinal, Hugues de Berzé, Gaulier de Dargies, et quelques aulres; - 2 0 de /200 à 1230: Jean Bode/, Guillaume de Ferrières, Aubouin de Sézanne, Roger d'Ande/i, Thibaul de Blazon, Gilles de Vieux- Maisons, Richard de Semilli, Maurice de Craon, etc.; - 3" de 1230 à 1280: Thibaud de Champagne, Henri HI de Brabant, Co/in Muset, Rulebeuf, Raoul de SOissons, Richard de Fournival, Roberl de Reims, Gilles et Guillaume Le Vinier, Jacques Bretel, Adam de la Halle, Jacques de Cisoing, Jean Moniot, Mathieu de Gand, etc.

La publication d'un recuei/ comp/et des jeux parlis a été enlreprise, pour la Société des Anciens textes français, par A. Jeanroy et A. Langfors.

Sur la question des cours d' amour, voir G, Paris, Mélanges de littérature française, 1912 (réédition d'arlicles parus en 1888), el Pio Rajna, Ie Corti d'amore, Milan, 1890.

Les motets, les lais et les descorls inléressent surtout fhistoire de la musique. Voir Gaston Raynaud, Recueil de motets français des XII" et XI II" sièeles (Bibliothèque française du moyen âge, t, I et H), 1881-1883; - Pierre AublY, Cent motets du Xlll e sièele,3 vol., 1908; - A. Jeanroy, L. Brandin el P. Aubr:t!, Lais et descorts français du XliiI' siècle, 1901.

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N ous avons indiqué p cé .emment q e les chansonniers courtois du XIII' et du XIII' steele formalent tous, Provençaux et Français, une seule et même école poétique.

Sans doute, la variété de leurs rythmes est extrême : qui faisait une chanson était tenu d'en composer la mélodie, sans qu'illui ff-t perm is de reprendre une forme métrique déjà employée par autrui: mais, tenu à cette originalité, Ie poète était aussi tenu de se plier, pour l'organisation des strophes, à ces lois générales du genre que no us avons déjà vues appliquées par Guy de Coucy et par Jaufré Rudel. Sans doute encore, les différents tempéraments poétique s ont assez souvent réussi à se manifester par des traits individuels: mais tous les chansonniers ont composé sous l'empire d'une même doctrine sentimentale, principe et norme de leur ins?iration.

I. - LA DOCTRINE 115 chantent l'amour; et c'est la façon dont ils l'ont entendu qUi fait à la fois l'unité de leur école et son originalité. II n 'y a pas de poésie Iynque dont les allures soient plus graves, plus mesurées, plus concertées. On cherche vainement chez les poètes de cette école la douceur pénétrante d'un Tibulle, l'intime familiarité ou la fantaisie capricieuse de I'Anthologie. On y cherche vainement aussi les grandes ardems, cet amour fatal qui dompte Phèdre ou Tristan, C'est bien la passion que chantent nos poètes, mais la passion disciplinée, et ils ne la chantent qu 'autant que la raison ravoue:

Onques del bevrage ne bui' 'je n'ai bu.

Dont T ristrans fu empoisonnez ; Mais plus me fait amer que \ui Raisons et bonne volonté,

Jamais aucun d'eux ne se déclare retenu dans des liens indignes et qu'il n peut briser. Le thème de l'amant trahi et qui ne peut pour-

LA POESI E L YRIQU E - 45

tant s'em)Jêcher d'aimer leur est inconnu. Rares sont les pièces vraiment douloureuses qui disent un deuil du cæur. Ce n'est pas, certes, qu'il n'existe des femmes déloyales, perverses, et l'on peut souffrir par elles; mais on ne les chante pas, Le seul amour qui mérite d'être célébré au son des vielles, en ces strophes savamment agencées, c'est celui qui s'adresse à un objet excellent. Cene poésie ne repose donc pas, comme on l'a dit souvent, sur une exaltation conventionnelle de la femme: celie que chante Ie poète courtois, c'est une créature d'élection, qu'il a librement choisie entre toutes pour avoir reconnu sa beauté, sa bonté, ses vertus, On a dit aussi bien souvent que Ie caractère propre de cette poé ie est de célébrer des amours iIIégitimes. Cest très contestable. Plusieurs biographiesde troubadours, celie de Gaubert de Puvcibot entre autres, les peignent comme ch ntant pour des jeunes filles. Dans les romans courtois, qui procèdent du même esprit que les chansons, ('héroïne est souvent une jeune fille: Soredamors, Lidoine, Liénor. Quant aux chansons elles même5, si l'on n'en peut guère citer qu'une douzaine qui célèbrent certainement des jeunes filles, celles où il est s écifié q u' elles s' adressent à une femme mariée sont aussi rares. La vérité est que nos poètes(comme Ie feront à leur exemple les pétrarquistes) chantent la beauté, la II valeur )), et laissent dans une obscurité voulue tout ce qui risquerait d'individualiser trop particulièrement leur passion, Qui est la dame? Elle est la dame.

Voué à un objet excellent, ('amour n'est pas un servage, mais un service, au sens féodal, Ie (( domnei )); c'est un culte, et qui a nécessairement pour effd de rendre meilleur celui qui Ie pratique : pour être aimé, il faut mériter de l'être, il faut (I valoir n. L'amour est source de vertus; il éveille à la courtoisie, à la bonté, à la prouesse; et les poètes Ie répètent à l'envi :

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Haute chOEe a en amor :

Bien la doit garder qui ra, N e puet fail!.r a honor Fins cuers ou elle sera.

Qui IJIus aime. plus metra T rpstot son desir En bon devenir.....

0' amors vient jo:e et honor ausiment"".

Ne nul" ne puet avoir entierement Pris ne valor, .. amors ne Ie justise' ....' Ainc' chevaliers n'iert ja de grant renon Sanz bone amors ne sanz sa selgnO(le.

Ne nuls sanz Ii ne puet estre preudom' Proece. honors, solaz vient de saie" .....

. de même.

'" et personne.

" maitrise.

" jamais.

'prud'homme.

'son aide.

Or, l'amant ne peut parvenir en un jour à mériter l'amour, à I( va l oir n. De là une attitude d'humble requérant, de là Ie thème coutumier des douceurs et des duretés d' un espoir longtemps prolongé: Ie poète adjure Amour de ne pas Ie guerroyer trop durement, il supplie la dame dïmposer aux ja!oux, aux I( losengiers II, aux Aatteurs, aux faux amants, aux II amoureux d'été n, les mêmes épreuves que lui-même subit, 1\1ais Ie vrai bien d'amour, c'est ceUe aUente mime, c'est la souffrance d'amour; et l'amant doil aimerIe mal dont il souffre :

Car fins amis doit avoir connoissance Qu'adès vaut mieus en tote rien" sofIrance. roujours. "en toutecho$e.

s (:oètes Ie déclarent à mainles reprises

Je ne cuit' pas que nus horn roisse avoir Joie d'amor, sil n'en sentla dolor, Premiers' covient" leal amant dolo:r Ainçois qu'il ait nule joie d.amor...., Nuls horn ne puetles biens d'amors sentir Se les dolors n'en reçoit bonement, Ainz doit en gré et prendre et recoJlir Et biens et maus, quanque' Amors Ii consent. 'tout ce que.

. crois.

.d'a ord. "il jaut.

. avant que.

Souvent même, ils vont jusqu'à dire qu 'au cas où un soupirant serait accueilIi d'emblée et ans avoir passé par I'étape de la douleur,

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